Les principaux récits de l’Évangile de Jean
La femme adultère
Des scribes et des pharisiens amenèrent à Jésus une femme qui avait été surprise en flagrant délit d’adultère, une faute pour laquelle la Loi de Moïse prescrivait la lapidation. Ils demandèrent son avis à Jésus, qui, dans un premier temps, se baissa et écrivit sur le sol, puis, il leur répondit :
« Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre ».
À travers cet épisode, les accusateurs essayaient de prendre Jésus au piège : s’il appliquait la Loi, il perdait son message de miséricorde et s’il la contredisait, il se plaçait hors la Loi.
Par sa réponse, Jésus ne nia pas la Loi, il la renvoya à l’intérieur. La question n’était plus : « Que mérite-t-elle ? », elle devenait « Qui suis-je pour juger ? ». Les accusateurs devenaient accusés par leur propre conscience.
Ils partirent tous les uns après les autres. Seuls restèrent Jésus et la femme.
« Moi non plus, je ne condamne pas. Va, et désormais, ne pèche plus. », dit Jésus à la femme.
Jésus ne banalisait pas l’acte mais il séparait la personne de la faute. La transformation de la personne qui a commis le péché ne doit pas venir de la peur mais de la miséricorde.
La parabole du berger et des brebis
Jésus s’adresse aux pharisiens pour leur dire qu’il est venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance. Il se présente comme le bon berger.
« Je suis la porte des brebis. » : Jésus ouvre un passage.
« Je suis le bon berger […] Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » Jésus précise que personne ne lui enlève la vie mais que c’est lui qui la donne de lui-même.
Dans l’« Ancien Testament », notamment dans le Psaume 23 et dans « Ézechiel », Dieu était déjà présenté comme berger. Jésus est donc envoyé par Dieu pour incarner sa présence sur terre.
Il a une relation personnelle avec chacun (il appelle ses brebis chacune par son prénom). Cette relation ne passe pas par la peur ou par la contrainte, mais par la reconnaissance intérieure.
« J’ai encore d’autre brebis qui ne sont pas de cet enclos ». Par ce verset, Jésus brise toute idée de religion fermée et il ouvre à l’universel. Cette parabole parle d’un Dieu proche, pas dominateur, d’une relation fondée sur la confiance et non sur la peur.
La résurrection de Lazare, le frère de Marthe et de Marie
Lazare de Béthanie, un ami de Jésus, était malade. Ses sœurs Marthe et Marie envoyèrent prévenir Jésus, qui répondit :
« Cette maladie n’aboutira pas à la mort, mais elle servira à la gloire de Dieu, afin qu’à travers elle, la gloire du Fils de Dieu soit révélée. »
Lorsque Jésus arriva à Béthanie (village situé à moins de trois kilomètres de Jérusalem), Lazare était mort depuis quatre jours et se trouvait dans le tombeau, une grotte devant laquelle une pierre avait été placée. Marthe vint à sa rencontre et marie s’effondra à ses pieds en pleurant. Jésus pleura avec elle. « Seigneur, il sent déjà », dit Marthe à Jésus, ce qui signifiait que la mort était installée. Alors Jésus appela Lazare par son nom : « Lazare, sors ! ». Le mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandelettes et le visage enveloppé d’un linge.
« Détachez-le et laissez-le s’en aller », dit Jésus.
Ce dernier miracle de Jésus redonna la vie à Lazare mais précipita la condamnation de Jésus. En effet, quelques-uns allèrent informer les pharisiens de cet événement et ils se rassemblèrent au sujet du sort qu’ils lui allaient réserver.
« Qu’allons-nous faire ? Cet homme fait beaucoup trop de signes miraculeux. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. »

C’est alors que Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, intervint :
« Vous n’y comprenez rien, vous ne réfléchissez pas qu’il est dans notre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation tout entière ne disparaisse pas ».
Ils tinrent conseil afin de faire mourir Jésus.
La fête de la Pâque approchait et Jésus se rendit à Ephraïm, dans une région désertique voisine, où il resta avec ses disciples. Toute personne avait reçu l’ordre de dénoncer Jésus et de révéler l’endroit où il se trouvait, si elle en avait connaissance.
Marie verse du parfum sur les pieds de Jésus
Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où se trouvaient Lazare et ses sœurs. Marie prit un litre et demi de parfum de nard pur (une plante très coûteuse) et le versa sur les pieds de Jésus, puis elle essuya ses pieds avec ses cheveux. Judas l’Iscariot en fut irrité car le parfum était onéreux et il considérait que c’était du gaspillage, prétextant que les trois cents pièces d’or équivalant à sa valeur auraient pu bénéficier aux indigents (alors qu’il n’avait que faire des pauvres).
« Laisse-la, moi, vous ne m’aurez pas toujours » interrompit Jésus.
De nombreux juifs se pressaient pour voir Jésus et son ami Lazare ressuscité. Alors, les chefs des prêtres décidèrent de faire périr également Lazare, car de plus en plus de juifs croyaient en Jésus à cause de lui.
L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem
Une foule nombreuse arriva pour accueillir et rendre hommage à Jésus quand il apparut à Jérusalem, sur le dos d’un ânon, conformément à ce qui avait été écrit.
Effectivement, dans « Zacharie » 9,9 (« Ancien Testament »), on peut lire :
« Exulte de joie, fille de Sion ! Pousse des cris d’allégresse, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi ; Il est juste, victorieux et humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. »
Le choix de l’ânon peut s’expliquer par le fait que dans l’imaginaire biblique ancien, le cheval était associé à la guerre, à la puissance militaire, alors que l’âne symbolisait la paix, la royauté humble et la proximité avec le peuple.
En parlant de ce futur Messie, Zacharie ajouta :
« Il supprimera les chars d’Éphraïm et les chevaux de Jérusalem ; l’arc de guerre sera supprimé ».
Le Messie annoncé est donc anti-impérial, au sens fort ; c’est un roi doux, pauvre, désarmé et proche des petits.
Alors les habitants de Jérusalem accueillirent Jésus en s’exclamant :
« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël. »
Jésus annonça :
« L’heure où le Fils de l’homme va être élevé dans sa gloire est venue. »
« Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
« C’est maintenant qu’a lieu le jugement de ce monde ; c’est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors. Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. »
Par cette phrase, Jésus indiquait de quelle façon il allait mourir. Lorsqu’il cite « le prince de ce monde » Jésus fait surtout référence à une puissance spirituelle qui régit le monde tel qu’il est : un système fondé sur la peur, la domination, le mensonge, la mort.
« La lumière est encore pour un peu de temps parmi vous. Pendant que vous avez la lumière, croyez en elle, afin de devenir des enfants de lumière. »
« Moi, la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres. »
« Je suis venu, non pour juger le monde, mais pour le sauver ».
Les pharisiens ne croyaient pas Jésus ; certains chefs le croyaient mais n’osaient le dire car ils craignaient d’être exclus de la synagogue.
Jésus lave les pieds de ses disciples
Jean ne raconte pas la Cène (son dernier repas pris avec les apôtres) comme les évangiles synoptiques (de Matthieu, Marc et Luc), mais il en donne une lecture théologique plus profonde, par d’autres gestes et d’autres paroles.
Jean remplace de récit de l’institution de la Cène par le lavement des pieds de ses disciples. Il interprète la Cène comme un acte de service, un renversement de la hiérarchie, une révélation de l’amour « jusqu’au bout ». Pour Jean, la vraie communion est le don de soi, pas seulement par le rite. La communion, chez Jean, c’est le service, l’amour réciproque, l’unité et l’esprit ; la communion devient relation et circulation d’amour.

Encouragements et promesses de Jésus aux siens
« Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Je vais vous préparer une place. Je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis, vous y soyez aussi ».
-« Comment pouvons-nous savoir le chemin ? » demanda Thomas
« C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. » répondit Jésus.
Et il ajouta :
« On ne vient au Père qu’en passant par moi. »
« Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais et il en fera même de plus grandes. »
« Si vous m’aimez, respectez mes commandements. Je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur, afin qu’il reste éternellement avec vous. L’Esprit de vérité. »
« L’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »
Le discours d’adieu de Jésus avant la Passion
La parabole du cep et des sarments s’adresse à ceux qui lui sont liés. Jésus les appelle à demeurer en lui.
« C’est moi qui suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. »
« C’est moi qui suis le vrai cep et vous êtes les sarments. »
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. »
« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père at que je demeure dans son amour. »
Voici mon commandement :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »
Jésus prévient ses apôtres qu’ils seront persécutés comme lui l’a été.
« Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui. Vous n’êtes pas du monde, mais je vous ai choisis au milieu du monde, c’est pour cela que le monde vous déteste. »
« Quand sera venu le défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. Et vous aussi vous me rendre témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le début. »
« L’Esprit de vérité vous conduira dans toute la vérité et vous annoncera les choses à venir. »
« Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde, maintenant, je quitte le monde et je retourne vers le Père. »
Et les disciples s’adressèrent à Jésus :
« Maintenant, nous savons que tu sais tout et que tu n’as pas besoin qu’on t’interroge ; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Et Jésus en parlant de son Père :
« Père juste, le monde ne t’a pas connu mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître encore. »

