Samuel Terrien et William Bolin
La Bible est un ensemble de livres qui révèlent le plan de Dieu pour l’humanité. Ces récits relatent l’histoire des hébreux (dans l’Ancien Testament), puis celle de Jésus Christ et des premiers chrétiens (dans le Nouveau Testament). Ces histoires se sont déroulées au sud-ouest de l’Asie et au Nord-Est de l’Afrique, sur des terres constituées de déserts, de montagnes et de vallées aux versants fertiles. Peuplés par des paysans et des nomades aux vues divergentes, ces territoires ont été marqués par de nombreux conflits qui éclataient régulièrement entre les différentes tribus. L’histoire débute à Ur, en Mésopotamie, où Abraham, le père des religions monothéistes, a été choisi par Dieu pour guider le peuple des hébreux vers un lieu qui lui était prédestiné. C’est ainsi que les différents récits de la Bible nous emmènent, entre autres, en Palestine, en Égypte, à Jérusalem, à Babylone, à Antioche, ou encore à Rome. Ils s’achèvent avec la « Jérusalem Nouvelle de la fin des temps ».
Les débuts de la civilisation en Mésopotamie et en Égypte
Des sols riches grâce à l’eau des fleuves ont permis le développement de l’agriculture et la création de voies navigables où circulaient voyageurs et marchandises provenant de divers pays. Alors que les habitants de ces zones privilégiées s’enrichissaient, d’autres, vivant dans les zones désertiques, étaient en proie à la pauvreté et à la famine, ce qui les incitaient à envahir les habitants de la zone dite du « croissant fertile » afin de s’approprier des ressources. Les conquêtes des deux puissances mésopotamienne et égyptienne avaient pour conséquence l’extension de leurs territoires respectifs ; elles étaient obligées de passer par la Syrie et la Palestine pour leurs échanges, le désert d’Arabie étant dépourvu d’eau.
Des récits primitifs issus des légendes du monde de l’Antiquité
L’auteur établit un parallèle entre le récit de l’Arche de Noé et le déluge dans la Bible et celui de Uta-Napishtim, un mésopotamien, qu’un dieu bienveillant avait épargné des eaux lors d’un ouragan, alors que ses congénères avaient péri. Le récit de la Tour de Babel fait également écho à l’histoire des babyloniens et des sumériens, qui bâtissaient de hautes tours de forme carrée ou rectangulaires, appelées « ziggourats », pour leur culte. Dans la Genèse de la Bible, ces tours symbolisent l’orgueil de l’homme et son désir d’égaler les dieux. Ces récits seront représentatifs des grands drames de l’humanité. Avec Abraham et la mission que Dieu lui a confiée commence une succession de récits illustrant les tentatives de Dieu entreprises pour sauver l’homme de la destruction et de la mort.
Les patriarches de la Bible sont les pères fondateurs de la nation des Hébreux (1850-1400 av JC)
Abraham, Isaac, Jacob et Joseph sont les patriarches de la Bible et l’histoire des Hébreux est censée donner un sens à l’humanité dans son ensemble. Le père d’Abraham était originaire de la ville d’Ur, située en Chaldée, au sud de la Mésopotamie. La victoire sur les sumériens donnera naissance à un puissant royaume dont Babylone sera la capitale. Les babyloniens vénéraient les idoles et les astres. Abraham exprimera son refus d’adorer les idoles de son père en quittant la maison paternelle. Il obéit à l’appel de Dieu, part avec son troupeau et devient nomade dans le désert ; après avoir atteint la terre de Canaan, entre la mer Méditerranée et la mer Morte, Abraham élèvera des autels à Sichem, à Béthel et à Mambré. Les villes cananéennes avaient chacune un roi et étaient sous la coupe des pharaons, qui étaient toutefois trop loin pour gérer correctement les affaires du pays, ce qui donnait lieu à de nombreux conflits.
Isaac, Jacob et Joseph, les descendants d’Abraham
Isaac
Isaac, le fils d’Abraham, épouse Rébecca, la fille d’un des parents d’Abraham, avec qui il a deux fils : Esaü et Jacob ; il se rend à Bersabée (Beersheba), le « puits des sept », appelé aussi « puits des serments » et il perpétue l’héritage laissé par son père. Après sa mort, Isaac est enterré auprès de son père.
Jacob
Jacob, le favori de sa mère Rebecca, usurpe l’héritage de son frère Esaü. En route pour le village d’Haron afin d’y trouver une épouse, il s’arrête devant l’autel de son grand-père, à Béthel, où il reçoit la vision d’une échelle céleste (« l’échelle de Jacob »). Au cours d’une nuit, il lutte âprement contre un être mystérieux ; ce combat le rend boîteux et il hérite d’un nouveau nom : Israël, qui signifie (« fort contre Dieu ») au lieu de Jacob (« l’usurpateur »).
Joseph
Envoyé par son père à Dotan pour rendre visite à ses frères, Joseph est enlevé par ses frères jaloux qui le vendent comme esclave en Égypte. Jeune homme brillant, Joseph réussit à s’attirer les grâces du pharaon et à devenir son premier ministre. Lorsque la famine sévit dans le pays de Canaan, les frères de Joseph arrivent en Égypte pour se ravitailler ; Joseph les accueille, leur procure de la nourriture et leur pardonne ; il les fait venir auprès de lui, ainsi que son père vieillissant.
L’Égypte et l’Exode
Bien que la plus grande partie du pays soit désertique, la vallée du Nil est particulièrement fertile grâce à des pluies annuelles abondantes qui rendent le sol exceptionnellement riche, ce qui permet d’abondantes récoltes de céréales et fruits, de fleurs de lotus et de papyrus. L’histoire égyptienne est constituée de l’Ancien Empire (la période des pyramides), du Moyen Empire et du Nouvel Empire (son ère de gloire et de richesse, vers 1546 avant JC).
Rois et religion en Égypte
Dans la Vallée des Rois sont construits des sanctuaires où se trouvent les momies des rois embaumées et leurs trésors. Dans l’Égypte antique, les scribes, les officiers de l’armée et les prêtres sont considérés comme des classes privilégiées mais les gens du peuple mènent une vie très difficile. La religion est polythéiste, très importante, comme pour les sumériens et les babyloniens. Pendant le séjour des hébreux, le pharaon Aménophis IV tente une réforme en imposant le dieu Aton, le dieu-soleil, créateur de la terre et de tous les êtres vivants. Le pharaon change son nom et se fait appeler Akhenaton. Puis un pharaon, qui n’avait pas connu Joseph, est monté sur le trône, l’esclavage des hébreux s’est durci et les injustices sociales se sont multipliées. Considérant que les hébreux étaient trop nombreux, le pharaon décide d’éliminer les nouveau-nés hébreux mâles.
Moïse
Afin de l’épargner de la mort, une mère place son enfant dans un panier en roseau sur le Nil, espérant qu’il soit recueilli par une âme charitable. Moïse est adopté par une princesse égyptienne et bénéficie d’une excellente éducation. Toutefois, il n’oublie pas ses compatriotes hébreux qu’il défend et finit par délivrer plus tard des égyptiens. Après avoir été frappé par les « dix plaies d’Égypte » mentionnées dans l’« Ancien Testament », le pharaon réticent accepte finalement de laisser partir les Hébreux. C’est Moïse qui est le leader de l’ « Exode ». Il les emmène dans le désert de Shur puis ils arrivent à Mara, où ils ne peuvent boire l’eau car elle était trop salée. Le pharaon, regrettant d’avoir laissé s’échapper une main d’œuvre si bon marché, lance ses soldats à leur poursuite. Les Hébreux se retrouvent coincés entre la colline à l’Ouest et la Mer des Roseaux ; c’est alors que Yahvé (Dieu) intervient pour séparer la mer qui laisse un passage pour les Hébreux, puis se referme plus tard sur les Égyptiens, qui sont engloutis.
Le Mont Sinaï et les dix commandements
Les Hébreux se retrouvent dans le désert du Sinaï, au pied de la montagne de Dieu (le Mont Horeb). Moïse se rend seul au sommet de la montagne ; au milieu du tonnerre et des éclairs, il y reçoit les tablettes (des stèles de pierre) sur lesquelles figurent les dix commandements et Dieu établit une alliance solennelle avec le peuple d’Israël (le « Testament »). Le peuple hébreu reste pendant un an dans le désert du Sinaï ; lorsqu’il se déplace, les hommes transportent l’« Arche de l’Alliance », un coffre de bois vide, symbolisant leur alliance avec Dieu. Ils restent pendant 38 ans dans un lieu situé à 60 km de la Terre Promise. Les hommes de l’ancienne génération décèdent ; Moïse et Josué, qui le secondait, décident de passer à l’action pour conquérir la Terre promise. Après bien des détours, dus au refus de la part des moabites et des édomites de les voir traverser leur territoire, les hébreux atteignent finalement la Transjordanie.
L’invasion de Canaan (1235-1200 av JC)
Moïse n’a pu qu’admirer la chaîne de montagnes de Canaan depuis le sommet du Mont Nébo, car il est mort avant de pouvoir pénétrer dans le territoire promis par Yahvé. Le peuple hébreu est alors prêt pour l’invasion de Canaan après quarante années d’errance dans le désert.
Un fleuve sépare les hébreux de la forteresse de Jéricho, dans le pays convoité. Des hommes sont envoyés en éclaireurs. La première tentative de Josué pour assiéger la ville est un échec mais lors de la deuxième, il utilise une tactique pour faire diversion ; la forteresse d’Aï se retrouve alors sans défense et les israélites en profitent pour envahir la ville. Les habitants de Gabaon, impressionnés par les exploits guerriers des Hébreux font une proposition de paix ; Josué l’accepte et plusieurs forteresses tombent en faveur des israélites : Lebna, Lakish, Eglon, et des attaques sont lancées en direction de Gaza. Les israélites prennent possession d’une grande partie de Canaan mais deux siècles s’écoulent avant la conquête de Gezer et de Jérusalem.
La période des Juges : une époque troublée par les conflits
Les juges de l’Ancien Testament ne font pas référence au sens actuel du mot ; ils sont plutôt des chefs militaires à la tête des différentes tribus. Les hébreux, de nomades et bergers dans le désert, deviennent des paysans et artisans sédentaires. Des luttes entre différentes tribus marquent l’époque des Juges car le territoire de Canaan attire les convoitises. Des figures bibliques tels que Gédéon ou Déborah (seule femme juge de la Bible), ont été à l’initiative de combats dont l’issue a été favorable aux israélites. Samson, un courageux guerrier de Mahane-Dan, combat contre les philistins. Il confie le secret de sa force (qui réside dans sa chevelure) à Dalila, une femme dont il est épris. Dalila le trahit en lui coupant les cheveux au cours d’une nuit ; Samson perd sa force, on lui crève les yeux et il est emprisonné à Gaza. Quand sa force lui revient, il demande à participer à une fête en l’honneur du roi Dagon et il provoque l’effondrement du Temple ; il meurt sous les décombres.
L’époque des Rois
Le royaume de Saül
Le prophète Samuel, qui avait été consacré à Dieu par sa mère dès son plus jeune âge, puis élevé dans le temple de Silo par le prêtre Eli devient juge et rendait la justice dans les tribus d’Israël. Les israélites réclament un roi, ce que n’approuve pas Samuel. Il choisit de donner l’onction à Saül, un paysan de Gibéa, qui est désigné comme roi par les tribus à Miçpa. Saül décide tout d’abord de chasser les philistins, avec l’aide de son fils Jonathan et ils les combattent pendant des années. David, un jeune guerrier, se fait remarquer lors d’un combat en terrassant d’un géant philistin ; il devient le meilleur ami de Jonathan et épouse une fille de Saül. David joue de la harpe afin de calmer les nerfs du roi Saül vieillissant, qui commence à jalouser le succès du jeune David, à tel point qu’il décide de le tuer. David doit s’enfuir et trouver refuge chez le roi des philistins, puis dans le désert ; au cours de ses périples, il réussit à trouver six cents soldats alliés. Saül est tué lors d’un énième combat contre les philistins, ainsi que trois de ses fils, dont Jonathan.
Le royaume de David
David pleure la mort de son ami Jonathan et celle du roi et il est soutenu par Israël pour devenir roi. Une fois sacré roi, David réalise qu’Hébron se trouve trop au sud pour être la capitale de son royaume et il choisit la vieille forteresse de Jérusalem, toujours occupée par les cananéens. David s’en empare et en en fait un emplacement sacré pour le culte du Dieu d’Israël. Il fait bâtir un autel sur une grande plateforme de rocher et amène en procession l’Arche de l’Alliance. Le roi David veut bâtir un temple mais Samuel s’y oppose. David entreprend un programme de conquêtes qui rapportent de gros butins, ce qui satisfait les israélites du Nord comme ceux du Sud ; David gouverne toute la zone du croissant fertile de l’Euphrate à l’isthme de Suez. Plus tard, Absalom, le fils de David, complote contre son père afin de le renverser et de monter sur le trône. Joab, un général de David, bat les troupes d’Absalom lors d’une bataille et le tue, alors que son père avait demandé de l’épargner. David est effondré et pleure la mort de son fils.
David possède une personnalité complexe et déconcertante. Il peut se montrer brave et loyal mais peut faire également preuve d’une grande dureté. Il est fidèle à la religion de ses ancêtres, sait écouter les conseils des prophètes et il incarne un homme d’État, un homme de guerre, mais il est aussi un poète et un musicien. Les dernières années de son règne sont marquées par la famine, la peste et la sécheresse. Après sa mort, c’est Salomon, le fils né de son union avec Bethsabée (la femme qu’il avait prise à Urie le Hittite), qui monte sur le trône, comme David l’avait promis à Bethsabée.
L’Empire de Salomon (962-922 av JC)
Salomon devient le roi d’Israël, après avoir reçu l’onction par Saddoq et le prophète Nathan. Salomon est un excellent administrateur et un négociateur hors pair ; il divise le royaume en douze districts et impose un système de travail obligatoire à son peuple. Il étend son royaume en conquérant des forteresses environnantes. Il épouse la fille d’un pharaon, ce qui favorise les relations avec les pays voisins et contribue à faire de Salomon une figure incontournable de la scène internationale.
Les activités d’import- export augmentent et les alliances contractées par Salomon avec d’autres rois, tel qu’Hiram, roi de Phénicie, permettent l’importation de quantités de bois précieux, d’ivoire, d’épices, d’or, d’argent, mais également d’animaux comme les singes, les paons, les chevaux de Qué (de Cilicie). Le roi Salomon est considéré comme le magnat des métaux (notamment le fer et le cuivre). Salomon est également un bâtisseur et mène de nombreux projets de construction. Il se fait bâtir un somptueux palais, pour son épouse et ses autres femmes, qui disposent d’appartements privés.
C’est Salomon qui est à l’initiative de la construction du Temple de Jérusalem, revêtu de bois précieux, long de 30 mètres, large de 9 mètres et haut de 13 mètres. Salomon est considéré comme un homme d’une grande sagesse ; il apprécie les échanges d’idées sur le sens de la vie, l’univers. Il reçoit de nombreuses personnalités étrangères et la reine de Saba lui rend visite. Toutefois, son amour de la puissance et du faste ainsi que les privilèges dont il jouit finissent pas l’éloigner de Dieu et des préoccupations de son peuple. Salomon meurt en 922 av JC.
Division du royaume et périodes de trouble
La mort de Salomon marque la fin de la trêve entre le Nord et le Sud, chacun des territoires revendiquant sa suprématie sur l’autre. Les habitants du Nord se consacrent aux productions céréalières et vénèrent les forces de la nature et ceux du Sud, majoritairement des bergers, vivent plus à l’écart et sont moins influencés par les pratiques de leurs congénères du Nord. Lorsque Roboam, le fils de Salomon, monte sur le trône, le peuple lui demande d’adoucir certaines lois imposées par son père mais il refuse, ce qui entraîne des révoltes ; Jéroboam, un rebelle du Nord qui s’était enfui sous le règne de Salomon, profite de cette occasion pour prendre le pouvoir à la tête du royaume de Juda. Il régne de 922 à 915 mais ne peut reconquérir Israël ; son successeur, Josaphat, réussit à faire la paix avec le Nord. Plus tard, le général Omri prend le pouvoir à Israël après l’assassinat du roi Éla et fait déplacer la capitale à Samarie. Le fils d’Omri, Achab, marié par son père à la princesse tyrienne Jézabel, prend la succession de son père à la tête d’Israël ; victorieux sur les champs de bataille, il fait bâtir pour son épouse phénicienne un temple dédié à Baal de Tyr.
Le prophète Élie
Opposé au culte de Baal, Élie fait venir le peuple sur le Mont Carmel afin qu’ils choisissent entre Baal et Yahvé. Il réussit à les convaincre d’éliminer les prophètes de Baal. La reine Jézabel se comporte de façon très cruelle : le roi Achab souhaite acquérir une vigne à Yzréel que son propriétaire, nommé Nabot, refuse de lui vendre. Jézabel décide de faire envoyer de fausses lettres afin d’accuser Naboth de méfaits qu’il n’a pas commis. Le prophète Élie s’insurge contre cette injustice et prédit au roi et à Jézabel qu’un jour les chiens lècheronnt leur sang. Les assyriens commencent à envahir Israël à l’époque du règne d’Achab. Ils sont réputés pour leur cruauté et leur férocité. Pendant un temps, le roi Achab s’allie aux syriens mais alliance est rompue et Achab est tué par les syriens en 850 av JC. Joram lui succède, puis Jéhu, qui mène une révolution en 842 av JC contre l’idolâtrie de Baal, soutenue par le prophète Élisée, au cours de laquelle il se débarrasse des soixante-dix fils d’Achab et de Jézabel.
Les prophètes Amos, Osée, Isaïe et Michée prédisent la destruction d’Israël
Pendant environ 50 ans, jusqu’à 745 av JC, la paix règne dans le royaume d’Israël et les assyriens sont assez forts pour contrer les menaces des pays voisins. En 751, Amos, un pauvre berger, annonce à Béthel qu’Israël sera bientôt détruite. Osée, un autre prophète critique les décisions politiques d’Israël et prédit également la fin du royaume d’Israël. Isaïe, un autre prophète, s’élève contre les injustices sociales et la corruption. Le roi refuse d’écouter les avertissements du prophète et ses mauvaises décisions le conduisent à la prise du pays par les Assyriens et de nombreux Israélites sont capturés et envoyés en déportation dans diverses régions de l’Assyrie. L’Empire assyrien atteint son apogée vers 630 av JC ; sa capitale Ninive et les rois assyriens dominent en ce temps-là le monde antique. Le royaume de Juda reste indépendant mais il doit payer un lourd tribut au roi d’Assyrie. Le prophète Michée (701-650 av JC) de Juda prédit la destruction complète de Jérusalem et du temple et c’est ce qui se produira soixante-quinze ans plus tard.
Chute de l’Empire babylonien et exil de Juda
La puissance de l’Assyrie commence à décliner face à la puissance de peuples voisins, tels que les Scythes et les Mèdes et Ninive tombe en 612 av JC. Josias, le roi de Juda détruit les idoles assyriennes ainsi que les sanctuaires païens. La chute de Ninive ne signifie pas pour autant la liberté pour le royaume de Juda puisque les égyptiens s’empressent d’envahir la Palestine afin d’atteindre la Syrie. Josias est tué et son fils Joachar est emmené en Égypte ; les Babyloniens ne souhaitaient pas que l’Égypte prenne le contrôle du « croissant fertile », Nabuchodonosor et ses troupes mènent un combat à l’issue duquel Babylone prend la place de Ninive comme capitale du Proche-Orient. Les Babyloniens s’emparent des trésors royaux et le fils du roi de Juda est déporté à Babylone, ainsi que des princes, des prêtres, des artisans et l’élite du pays. Sédécias, un roi fantoche, est laissé sur le trône de Juda entre 597 et 586 av JC. Il tente une révolte, sévèrement réprimée par Nabuchodonosor, qui assiège Jérusalem et incendie le Temple. Les fils du roi Sédécias sont tués devant lui, on lui crève les yeux et il est enchaîné et emmené à Babylone. En ce temps-là, le prophète Jérémie se lamente de voir son pays dans un tel état, pris en étau entre l’Égypte et Babylone.
Le peuple de Juda reste uni et forme une « communauté » en pays ennemi ; il devient le peuple juif et forme une « église spirituelle » à défaut de pouvoir représenter une nation politique. Le prophète Jérémie leur envoie une lettre pour leur dire que la captivité sera longue et que ses compatriotes devront adopter Babylone comme patrie. Jérémie et son successeur Ézéchiel prédisent que le peuple de Juda reviendra dans sa patrie.
L’Empire perse et la restauration
Le rayonnement et la puissance de Babylone déclinent et la ville tombe entre les mains de Cyrus le perse en 539 av JC, après sa victoire sur les Mèdes en 550 av JC. Les Perses laissent une certaine liberté à leurs sujets, qui ont le droit de conserver leurs religions et coutumes. L’Empire perse devient immense, s’étendant des frontières de l’Inde en Asie jusqu’à la Thrace en Europe. Les Perses autorisent les Juifs à rentrer dans leur pays mais certains ne le souhaitent pas car ils ont leurs biens et leur situation professionnelle chez les Perses. Le retour est difficile et les prophètes Agée et Zacharie peinent à motiver le peuple juif pour la reconstruction du Temple. Le nouveau roi Darius 1er réussit à achever la reconstruction du Temple en 516 av JC, qui n’est en rien comparable à celui qui avait été bâti par le roi Salomon.
Néhémie, Esdras, Joël, Malachie, après le retour à Jérusalem
Néhémie et Esdras le scribe sont autorisés à retourner à Jérusalem soixante-quinze ans après le retour de leurs congénères. Leur but est de rebâtir les murailles de Jérusalem et d’enseigner la Loi (la Torah) au peuple en leur lisant les cinq Livres de la Loi, le « Pentateuque »). Vers 427 av JC, les cinq Livres sont lus publiquement au peuple. Dans l’ensemble de l’Empire perse se développent des communautés juives prospères, ainsi qu’en Égypte et en Mésopotamie. Ces centres, tels qu’Éléphantine, en Égypte ou Nippur, en Mésopotamie, ont une influence importante, notamment dans les domaines du commerce et de la vie publique.
L’Empire d’Alexandre le Grand et les Maccabées (333-63 av JC)
Après deux cents ans, l’Empire perse décline et un grand conquérant émerge d’Asie :il s’agit d’Alexandre de Macédoine, un proche voisin des grecs. Ses conquêtes fulgurantes lui permettent d’imposer la langue, la culture, la littérature et l’art grec dans tout le bassin méditerranéen. Alexandre le Grand a été éduqué par le philosophe Aristote et dès l’âge de 21 ans, il commence ses conquêtes et forme un immense empire. Sa mort, à 33 ans, sera suivie par les luttes de ses généraux Séleucius et Ptolémée qui se disputent son empire et la Palestine est souvent transformée en champ de bataille entre les deux dynasties rivales. Le grec a une influence telle que la Bible est traduite en grec (cette traduction s’appelle la « Septante ») et de nombreux juifs ne comprennent plus les « Livres de la Loi » écrits dans la langue hébraïque originale.
La guerre des Macchabées (167-160 av JC)
Bien que sous l’influence de la culture grecque, les juifs conservent leur religion. Un souverain séleucide, Antiochus Epiphane, veut obliger les juifs à adorer les dieux grecs. Dans la ville de Modaïn, Mattathias, un prêtre âgé, refuse d’obtempérer, tue un officier syrien et s’enfuit avec ses cinq fils dans les montagnes, où il est rejoint par des partisans. Ils réussissent finalement à chasser l’armée d’Antochius de Jérusalem en 164 av JC ; Mattathias purifie le temple et instaure le culte.
Dynastie asmonéenne (160-63 av JC)
Deux frères de Juda Maccabée, Jonathan et Simon, instaurent la dynastie asmonéenne. Les deux frères sont tués mais un fils de Simon, Jean Hyrcan, connaît un règne prospère de trente ans (134-104 av JC). Le royaume s’étend encore lors du règne de ses fils Aristobule 1er et Alexandre Jannée. Certains juifs reprochent toutefois aux descendants des Maccabées d’être plus intéressés par les guerres et les conquêtes que par la pratique de la religion. Des querelles éclatent au sein de la famille royale et Hyrcan fait appel au général romain Pompée pour régler ces différends. Pompée entre à Jérusalem en 63 av JC.
Conquête romaine et la naissance de Jésus (63 av JC- 14 apr JC)
Pompée ouvre le rideau du Saint des Saints à Jérusalem (ce qui est considéré comme un sacrilège). Hyrcan II est nommé grand prêtre mais le pouvoir réel est entre les mains d’Antipater l’Iduméen (un édomite), qui est détesté des juifs et empoisonné en 43 av JC. Le République romaine est en train de devenir un Empire. Pompée est vaincu par Jules César, qui est lui-même tué en 44 av JC. Une lutte s’engage pour le pouvoir entre Octave, le petit neveu de César et le général Marc Antoine. Marc Antoine s’allia à Cléopâtre, reine d’Égypte mais ils sont vaincus et meurent à Alexandrie. Octave monte sur le trône et prend le nom d’Auguste. Le gouvernement romain a nommé Hérode, le fils d’Antipater, comme roi des juifs. Païen de naissance et de culture, il est haï par les juifs. Hérode élève des temples en l’honneur de son maître Auguste, qui est vénéré tel un Dieu dans tout l’Empire. Il respecte la religion des juifs et contribue à la reconstruction du Temple.
La naissance de Jésus et le monde romain
Jésus naît à Bethléem vers l’an 6 av JC, juste avant la mort d’Hérode en 4 av JC. Hérode était devenu paranoïaque et craignait les conspirations. Ayant appris la venue du Messie, qu’il considère comme un rival, il ordonne de tuer tous les enfants mâles de moins de deux ans à Bethléem. L’Empereur Auguste, en excellent administrateur, avait divisé son empire en provinces, gouvernées par des « procurateurs » (fonctionnaires romains) ou des souverains fantoches. Le développement d’un important réseau routier facilite les déplacements, ainsi que des légionnaires, postés dans des endroits stratégiques afin d’assurer la sécurité, la « Pax Romana » (paix romaine), sur la terre et sur la mer.
L’opposition des sectes religieuses juives
Les révoltes des juifs sont écrasées par les romains ; la foule lapide des légionnaires romains et les romains rétorquent par la mise en croix de deux mille personnes afin de réprimer cette révolte. Les riches Sadducéens étaient proches des Romains afin de protéger leurs richesses et de participer aux décisions prises par le Sanhédrin (le Conseil Juif). Les Pharisiens et les scribes ne collaborent pas ; les Esséniens vivent à l’écart et les Zélotes souhaitent une guerre ouverte contre les romains. Les gens du peuple sont majoritairement des paysans, des bergers, des ouvriers, des charpentiers et des forgerons. Jésus grandit au milieu d’une population pauvre et laborieuse et apprend le travail du bois, que lui enseigne son père Joseph. Jésus va régulièrement à la synagogue, où il apprend à lire, chanter et prier. Une fois par an, il se rend à Jérusalem, pour la Pâque, avec Marie et Jésus. Dès son jeune âge, il commence à s’entretenir avec les docteurs de la Loi.
Première période du ministère de Jésus (27-28 apr JC)
Le ministère de Jésus débute dès la 15ème année du règne de l’Empereur Tibère, vers 27-28 apr JC. Ponce Pilate est alors le procurateur romain nommé à cette époque en Judée. Au début, Jésus est un disciple de Jean-Baptiste, un prophète qui le baptise dans les eaux du Jourdain. Jésus se démarque ensuite de Jean-Baptiste et se retire dans le « désert » (une zone de collines rocheuses et arides près de la Mer Morte) ; là, il jeûne, prie et médite. Ensuite, Jésus commence sa prédication à Capharnaüm, et dans les environs du lac de Génésareth, en Galilée. Il va porter la Bonne Nouvelle aux pauvres gens, il guérit des malades, des paralytiques, se fait des amis parmi les collecteurs d’impôt (appelé les « publicains », qui étaient mal vus dans la société juive de l’époque, car il s’agissait de juifs recrutés par le pouvoir romain pour collecter l’argent des juifs en faveur de Rome) ; Jésus se lie d’amitié avec des travailleurs du lac, dont certains deviennent ses disciples et avec des « pécheurs » (de personnes considérées comme étant de « mauvaise vie »), comme Marie-Madeleine. Jésus fait le Sermon sur la montagne, un discours portant sur l’éthique adressé à ses disciples. Jésus retourne ensuite à Nazareth où il est accueilli comme simple fils de charpentier. Il souhaite faire comprendre que le salut est destiné à tous et pas seulement aux israélites, mais il est chassé de Nazareth par des habitants en colère et il retourne à Capharnaüm.
Deuxième période du ministère de Jésus (29-30 apr JC)
Les prédications de Jésus rencontrent beaucoup de succès au début, mais Jésus déroge à la stricte observance de la Loi, par exemple, en guérissant un malade un jour de sabbat, alors que toute activité est interdite ce jour-là. Jean-Baptiste est mis à mort à cette époque car il conteste le pouvoir et Jésus est recherché, alors il quitte la Galilée. Il se dirige vers le territoire de Césarée de Philippe, hors d’atteinte par Hérode. « Que croyez-vous que je suis ? » demanda Jésus à ses disciples, en chemin. « Tu es le Christ », lui répond l’apôtre Pierre. Six jours plus tard, Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean au sommet d’une haute montagne, traditionnellement située sur le Mont Thabor, au-dessus des collines de la Galilée (lieu qui pourrait plutôt correspondre au Mont Hermon) ; là, il apparaît transfiguré, portant des vêtements éblouissants comme la lumière, et entouré par les prophètes Élie et Moïse. En l’An 29, Jésus passe quelques temps à Jérusalem ; il participe à la fête de la Dédicace à la fin de cette même année, où des juifs tentent de le lapider. Jésus prédit alors la destruction du Temple ; il quitte Jérusalem pour se rendre dans le désert d’Éphraïm où il resta plusieurs semaines au début de l’an 30 ; il se rend ensuite dans la vallée du Jourdain puis à Béthanie, où il retrouve ses disciples. Les prêtres, les Sadducéens et les Romains redoutaient un meneur tel que Jésus, qui pouvait conduire les peuples à la révolte.
La Cène, le dernier repas de Jésus avec ses disciples
En 30 apr JC, peu avant la fête de Pâques, Jésus arrive à Jérusalem sur un ânon. Il chasse les marchands du Temple qui vendent des colombes pour les sacrifices, à la grande colère des prêtres et des scribes ; il retourne à Béthanie puis revient à Jérusalem le jeudi et ne retourne pas à Béthanie le soir. Il prend un dernier repas, la « Cène », avec ses disciples. Il prend le pain, le bénit, le rompt et le donne à ses disciples. « Ceci est mon corps, qui va être donné pour vous, faites ceci en mémoire de moi. ». Il prend une coupe et dit : « Ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance, qui va être versé pour vous ». Après le chant des Psaumes, Jésus et ses disciples partent pour le Mont des Oliviers. Jésus prie au domaine de Gethsémani, pendant que ses disciples sont endormis.
L’arrestation et la mort de Jésus
Jésus est arrêté par les soldats romains à Gethsémani, trahi par Judas, l’un de ses disciples ; il est emmené au Sanhédrin, qui décrète que Jésus est coupable et qu’il mérite la mort. Ponce Pilate envoie Jésus à Hérode Antipas, le tétrarque, qui se moque de lui et qui le fait flageller et porter une couronne d’épines. En fin de matinée, le vendredi, il est conduit à la colline du Golgotha (qui signifie « le crâne », en araméen), où il est crucifié entre deux voleurs. Le Golgotha se trouve à l’emplacement actuel de la Basilique du Saint-Sépulcre, à l’endroit où était creusé le tombeau de Joseph d’Arimathie, où le corps de Jésus a été déposé.
La résurrection de Jésus et l’Église primitive
C’est Marie-Madeleine qui se rend la première au tombeau de Jésus, le premier jour de la semaine ; ayant été crucifié la veille du sabbat, il n’avait pas pu être embaumé ; elle apporte donc des aromates pour l’embaumement. Marie-Madeleine, puis l’apôtre Pierre, trouvent le tombeau vide ; deux anges leur apparaissent et affirment que Jésus est ressuscité. Cléophas, un disciple de Jésus, accompagné d’un autre homme affirment avoir vu Jésus sur la route d’Emmaüs ; Simon-Pierre l’a vu aussi, ainsi que tous ses apôtres, à Béthanie, le soir de Pâques, mais pas Judas, qui s’est suicidé. Sept semaines après Pâque, lors d’une réunion pour la Pentecôte, en mai-juin, de l’année 30 apr JC, Marie et des cousins de Jésus sont soudainement remplis de l’Esprit Saint et se mettent à parler en différentes langues. Pierre annonce la Bonne Nouvelle à la foule et trois mille personnes se font baptiser. C’est ainsi que naît l’Église (la communauté des croyants en Jésus-Christ).
Le début des persécutions des chrétiens
Les premiers chefs et membres de l’Église sont des juifs pieux. Pierre guérit chaque jour une personne impotente, prêchait, ainsi que Jean, mais ils sont arrêtés et emprisonnés, puis relâchés, car les grands prêtres redoutent la foule qui les soutient. Une autre arrestation de Pierre fait dire à ce dernier : « Nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux Lois ». C’est ainsi que l’Église de Jésus Christ commence à se séparer progressivement du judaïsme. Le nombre de fidèles s’accroît et sept diacres (assistants) sont désignés parmi les juifs de langue grecque qui avaient accepté l’Évangile, dont l’un d’eux se prénomme Étienne. Malgré de violentes persécutions, la diffusion de l’Évangile commence et l’apôtre Philippe baptise même des non-juifs, notamment des soldats romains. Plus tard, la mort d’Etienne et les persécutions ont pour conséquence d’accroître la diffusion de l’Évangile en Palestine, à Damas, en Phénicie, sur l’île de Chypre, notamment à Antioche où les habitants commencent à appeler les disciples de Jésus les « chrétiens », par moquerie.
La conversion de Saul de Tarse (Saint Paul) et ses premiers voyages (36-52 par JC)
Après la mort d’Étienne, un jeune juif de Tarse (la capitale de la Cilicie), en Asie Mineure est fermement opposé aux chrétiens et les persécutent, jusqu’à ce que Jésus lui apparaisse un jour sur la route de Damas, dans une lumière éblouissante. Il reçoit le baptême et il va prêcher dans les synagogues de Damas, affirmant que Jésus Christ est le Fils de Dieu. Il rencontre Pierre et Barnabé, un chrétien originaire de Chypre et ils continuent leur prédication dans différentes régions. Saul de Tarse sera plus connu sous le nom de Paul (le nom romain/latin).
La première mission de Paul (45-48 apr JC)
Paul et Barnabé font beaucoup de convertis à Antioche, à Chypre et ils sont accueillis comme des dieux, par les grecs. Paul et Barnabé racontent comment « Dieu avait ouvert aux païens la porte de la foi ». L’une des questions essentielles de l’époque est de savoir si un païen pouvait devenir chrétien sans être juif et circoncis, car la Loi de Moïse ordonnait la circoncision. Après des délibérations avec les « piliers de l’Église », il a été décidé que les chrétiens n’étaient pas obligés d’être circoncis, ce qui a provoqué le mécontentement de nombreux chrétiens d’origine juive.
La deuxième mission de Paul (49-52 apr JC)
Paul et Barnabé sont ensuite repartis pour une deuxième mission, mais séparément, car ils n’arrivaient pas à s’accorder sur le choix de leur compagnon. Paul va en en Asie Mineure, puis à Lystres avec Silas, et Barnabé se rend à Chypre. Le christianisme se diffuse en Asie et en Europe. Paul part en Corinthe où il demeure pendant un an et demi et prêche tout en s’adonnant à son activité professionnelle, la fabrication de tentes. Il se rend aussi à Éphèse, à Césarée et à Antioche. Paul, très actif, écrit aux Thessaloniciens pour leur recommander de travailler plutôt que de vivre dans l’oisiveté. Les prédicateurs du message de l’Évangile sont parfois chassés par les juifs, qui sont scandalisés par leur message ; certains sont emprisonnés ou exécutés.
Les derniers voyages de Saint Paul (53-63 apr JC)
Paul se rend à Éphèse, où il reste deux ans et trois mois ; là-bas se trouve le temple de la déesse Artémis, considéré comme l’une des sept merveilles du monde. Paul demande aux habitants d’arrêter de vénérer les idoles et s’ensuit une émeute provoquée par les orfèvres, qui craignent que les prédications de Paul ne les privent de travail, étant donné qu’ils fabriquaient les idoles en métaux précieux des temples. En l’an 57, Paul part pour la Grèce, d’où il écrit des lettres aux Corinthiens ; il séjourne à Corinthe au cours de l’hiver de l’an 57-58.
Retour à Jérusalem, arrestation et jugement à Rome
En l’an 58, Paul retourne à Jérusalem, pour la fête de la Pentecôte. Paul est arrêté, car il se promène avec Trophime, un grec d’Éphèse non circoncis. Lorsque Paul est aperçu dans le Temple, les juifs pensent qu’il y avait amené Trophime, ce qui aurait été considéré comme une faute grave selon la loi juive et était passible de la peine de mort. Paul est enfermé dans la forteresse Antonia et comparaît devant les grands prêtres et le Sanhédrin, puis il est conduit au gouverneur romain Antonius Félix, à Césarée. En tant que citoyen romain, Paul souhaite être jugé devant l’Empereur, à Rome. Il embarque donc sur un navire en direction de Rome, accompagné par un centurion. Paul entre à Rome en l’an 61 afin d’y être jugé, devant le tribunal de l’empereur Néron. Il demeure dans une maison pendant deux ans, où il bénéficie d’une certaine liberté et a la possibilité de dispenser ses enseignements sur Jésus-Christ et d’envoyer des lettres à différentes Églises d’Asie. Quand Paul est libéré, il entreprend d’autres voyages, notamment en Espagne, en Orient, à Éphèse et en Macédoine.
Destruction du Temple à Jérusalem, séparation du judaïsme et du christianisme
En ce temps-là, les aristocrates, les scribes et les Pharisiens avaient fini par accepter la domination romaine, ce qui n’était pas le cas des Zélotes, qui décident d’organiser un soulèvement qui donne lieu à une répression sévère de la part du général romain Vespasien et de son fils Titus. L’an 70 marque la prise de Jérusalem et la destruction du Temple par un incendie. Ne disposant plus d’un sanctuaire unique, le judaïsme survit dans des synagogues et c’est la dispersion complète du peuple juif, ainsi que la séparation définitive entre le judaïsme et le christianisme.
De grands centres chrétiens sont établis à Alexandrie, Antioche, Éphèse (Orient), Corinthe (Grèce), Rome ; l’Évangile est également prêché en Afrique du Nord, en Espagne et en Gaule. Les chrétiens se sentent unis ; ils constituent « le reste », annoncé par Esaïe et ont le sentiment d’être « une nation sainte ». La diffusion de l’Évangile sous le règne des empereurs romains est extrêmement risquée et les apôtres risquent la torture et la mort. L’apôtre Jean, exilé sur l’île de Patmos, envoie des lettres aux sept églises d’Asie mineures dans lesquelles il prédit la chute de « Babylone » (généralement associée à Rome) et l’avènement de la Jérusalem nouvelle.
Redécouvertes des cités bibliques et missions archéologiques au XIXème siècle
Lors de sa campagne militaire en 1798, Napoléon Bonaparte demande à des artistes et savant de se joindre à lui afin d’étudier les temples et monuments de la vallée du Nil. En 1852, la découverte par Champollion de la « pierre de rosette » permet le déchiffrage des hiéroglyphes égyptiens. Quelques années plus tard, des savants réussissent à comprendre l’écriture cunéiforme de la Mésopotamie. Au milieu du XIXème siècle, Edward Robinson, un bibliste, théologien et géographe américain, surnommé le « Père de la géographie biblique », localise l’emplacement de centaines de localités bibliques. Certaines de ces villes ont été détruites et reconstruites plusieurs fois, en fonction des conquêtes de nations différentes au cours de l’Histoire. Des fouilles permettent la découverte de nombreux objets de la vie courante, des bijoux, statues et poteries. Meggido (Tell el-Mutesellim) a été détruite et reconstruite dix-neuf fois fois depuis 3500 av JC et présente 20 couches de ruines. C’est de Meggido que provient « Har-Meggido » (Montagne de Meggido), le nom qui fut choisi dans l’Apocalypse pour la bataille de la fin du récit.

