Règne de Joas
Joas, l’héritier caché et protégé dans le Temple, un petit-fils d’Athalie, fut proclamé roi à l’âge de sept ans, après une révolte menée par le prêtre Joad, l’un des protecteurs de Joas. La reine Athalie fut renversée et exécutée. Joas agit conformément aux volontés de l’Éternel. Il restaura le culte et entreprit la réparation du Temple de Dieu. Plus tard, Joas ordonna une collecte pour réparer le Temple et mit en place un système plus rigoureux (un coffre pour recueillir les offrandes). Cette initiative fut un succès et le culte reprit correctement.
Après la mort de Joad, Joas écouta de mauvais conseillers, abandonna le culte et se tourna vers des idoles. Lorsque le fils de Joad, Zacharie, le reprit et tenta de le ramener vers Dieu, Joas le fit tuer. Cet événement marqua une rupture majeure : par l’assassinat de Zacharie, Joas trahit indirectement celui qui l’avait sauvé. Cette trahison eut des conséquences : le royaume fut attaqué par les Araméens et Joas fut affaibli et humilié, puis finalement assassiné par ses propres serviteurs.
Règne d’Amatsia
Amatsia, fils de Joas, régna 29 ans à Jérusalem et fit « ce qui est droit aux yeux de l’Éternel », mais avec un cœur qui ne lui était pas totalement dévoué. Il obéit extérieurement mais intérieurement, quelque chose restait divisé. Au début de son règne, il fit exécuter les serviteurs qui avaient assassiné son père mais il épargna leurs enfants, ce qui montrait une fidélité aux principes ; en effet, l’Éternel avait donné ce commandement par l’intermédiaire de Moïse : « On ne fera pas mourir les pères à la place des enfants, ni les enfants à la place des pères. On fera mourir chacun pour son péché ».
Amatsia prépara une guerre contre Édom et il rassembla son armée et engagea 100 000 mercenaires d’Israël. Toutefois, un homme de Dieu intervint et lui dit de ne pas s’appuyer sur Israël, car Dieu n’était pas avec eux. Amatsia hésita, puis il renonça aux mercenaires, fit confiance à Dieu et remporta la victoire. Amatsia choisit donc la confiance spirituelle plutôt que la sécurité humaine. Paradoxalement, après avoir vaincu Édom grâce à Dieu, Amatsia ramena les dieux d’Édom et se mit à les adorer ; il se tourna donc vers des idoles vaincues. Le prophète le reprit et Amatsia menaça de le faire taire. Plus tard, Amatsia provoqua le roi d’Israël, Joas (à ne pas confondre avec le Joas de Juda). Joas lui répondit par une parabole ironique : c’est « le chardon du Liban » qui défie « le cèdre du Liban », ce qui signifiait « ton orgueil te dépasse ». Amatsia insista ; il fut vaincu et Jérusalem fut pillée et son mur détruit. Après cela, une conspiration se forma contre lui ; il tenta de fuir mais fut finalement assassiné.
Règne d’Ozias (Azaria)
Ozias, qui régna pendant 52 ans, fit « ce qui est droit aux yeux de l’Éternel ». Il connut une réussite impressionnante, battit les Philistins et soumit plusieurs peuples ennemis. Il fortifia Jérusalem et construisit des tours et des défenses ; il développa l’agriculture et mit en place des machines de guerre. Ozias était un roi organisé, visionnaire et efficace, mais l’orgueil le fit changer d’attitude : « Mais lorsqu’il fut puissant, son cœur s’éleva pour le perdre ». Ozia commit un acte grave : il entra dans le Temple pour offrir lui-même de l’encens, or, cela était réservé aux prêtres, descendants d’Aaron. Le grand prêtre Azaria ainsi que tous les autres prêtres s’opposèrent à ce geste, mais Ozias se mit en colère. Il reçut un jugement immédiat : la lèpre apparut sur son front ; il fut exclu du Temple, vécut isolé jusqu’à sa mort et son fils gouverna à sa place. L’exemple d’Ozias montre que le problème n’est pas la réussite, mais ce qu’elle fait au cœur.
Règne de Jotham
Jotham régna pendant 16 ans et « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel » ; il ne pénétra pas dans le Temple de l’Éternel. Il construisit la porte supérieure du Temple, développa des villes et des fortifications et renforça les murailles. C’était un bâtisseur, mais sans excès d’orgueil apparent. Il combattit les Ammonites et il remporta la victoire et reçut un tribut de leur part en argent et ressources. La force de Jotham venait d’une constance intérieure, pas seulement d’un élan ou d’un moment. Malgré sa droiture, le peuple continua à se corrompre et Jotham ne put le transformer totalement. Dans ce récit, Jotham représente la foi stable et l’intégration des limites : il sut apprendre de l’erreur de son père et ne pas franchir la limite du sacré.
Règne d’Achaz
Achaz « ne fit pas ce qui est droit aux yeux de l’Éternel ». Il marcha dans les voies des rois d’Israël (souvent associées à l’idolâtrie). Il fabriqua des idoles, pratiqua des rites païens. L’idolâtrie instaurée par Achaz représenta une transgression majeure, un renversement total des valeurs. Achaz subit les conséquences de ses décisions puisqu’il fut livré à ses ennemis, battu par les Araméens et essuya une lourde défaite face à Israël. Des milliers de personnes furent tuées ou capturées.
Un prophète nommé Oded intervint auprès du royaume d’Israël ; il dénonça leur violence contre Juda et ordonna de libérer les captifs. Les prisonniers furent relâchés et nourris, soignés et reconduits chez eux. Plus tard, Achaz s’endurcit : au lieu de se tourner vers Dieu, il appela l’aide de l’Assyrie et devint dépendant politiquement. Il adopta même des dieux des peuples qui l’avaient battu. « Puisque ces dieux les ont aidés, ils m’aideront aussi », pensait Achaz, qui alla encore plus loin : il pilla le Temple, ferma ses portes et construisit des autels partout dans Jérusalem. Il mourut sans honneur particulier et ne fut pas enterré dans les tombeaux royaux, signe d’un règne marqué par la rupture et la perte. Son fils Ezéchias lui succéda.
Règne d’Ézéchias
Le règne d’Ézéchias est l’un des règnes les plus marquants du royaume de Juda, surtout pour sa réforme spirituelle profonde et sa confiance en Dieu. Dès le début de son règne, Ézéchias rouvrit le Temple de Jérusalem, qui avait été fermé. Il purifia le sanctuaire avec les prêtres et les Lévites. Il restaura le culte d’Israël selon les prescriptions. Il voulut ramener le peuple à l’alliance avec Dieu.
Ézéchias organisa une grande célébration de la Pâque, chose qui n’avait pas été faite correctement depuis longtemps. Il invita tout Israël, même les tribus du Nord. Beaucoup de moquèrent, mais certains vinrent humblement. La fête devint un moment de réconciliation, de joie et d’unité. Après la Pâque, le peuple détruisit les idoles et les autels païens. Ézéchias réorganisa le service des prêtres et il remit en place les offrandes et la dîme.
Lorsque le roi assyrien Sennachérib attaqua Juda et menaça Jérusalem, il tenta de démoraliser le peuple. Ézéchias réagit en fortifiant la ville, en coupant les sources extérieures et en encourageant le peuple à faire confiance à Dieu. Il conseilla à son peuple de ne pas avoir peur de Sennachérib : « Avec lui, il y a un bras de chair, tandis qu’avec nous, il y a l’Éternel notre Dieu, qui nous aidera et qui combattra pour nous », dit Ézéchias à son peuple, en parlant du roi d’Assyrie. Dieu intervint miraculeusement et l’armée assyrienne fut repoussée.
Un jour, Ézéchias fut atteint d’une maladie mortelle ; il pria l’Éternel et l’Éternel lui accorda un signe. Ézéchias ne fit pas cas du signe qu’il avait reçu. Il avait accumulé beaucoup de richesses et de gloire et son cœur était devenu trop orgueilleux, ce qui déclencha la colère de Dieu. Une prophétie annonça que ces richesses seraient un jour emmenées à Babylone. Ézéchias s’humilia devant Dieu et le jugement fut retardé. Quand il mourut, il fut enterré sur la montée des tombeaux des descendants de David. Tous les habitants de Jérusalem, ainsi que l’ensemble du royaume de Juda lui rendirent honneur.
Règne de Manassé
Manassé, fils d’Ézéchias, qui lui succéda sur le trône, prit une direction totalement opposée à celle de son père. Il fit « ce qui est mal aux yeux de l’Éternel » : il rebâtit les hauts lieux idolâtres détruits par son père, il adora les astres (culte astral), il plaça des idoles jusque dans le Temple, il pratiqua la magie, la divination et la sorcellerie et s’adonna à des pratiques sacrificielles liées aux rites païens. Le texte mentionne qu’il entraîna Juda plus loin encore dans le mal que les nations païennes.
Dieu parla à Manassé, mais ce dernier refusa de l’écouter. Alors survint un tournant radical : les Assyriens capturèrent Manassé et il fut emmené à Babylone avec des chaînes ; il y resta prisonnier. Humilié et dans un état de grande détresse, Manassé s’humilia profondément devant Dieu. Il pria le Dieu de ses pères et c’est à ce moment-là que Dieu entendit sa prière et fit en sorte qu’il soit ramené à Jérusalem. « Alors Manassé reconnut que l’Éternel était Dieu ». De retour sur le trône, il enleva les idoles du Temple, restaura l’autel de Dieu et encouragea le peuple à servir l’Éternel. Toutefois, le peuple continua encore à faire des sacrifices sur les hauts lieux. Malgré sa réforme sincère, les conséquences de ses décisions passées demeurèrent.

Règne d’Amon
Amon, le fils de Manassé, ne régna que deux ans à Jérusalem. Il choisit délibérément une voie de corruption en reprenant les pratiques idolâtres de Manassé avant sa repentance. Il servit et adora les idoles et s’éloigna du Dieu d’Israël. Amon, contrairement à son père, ne s’humilia pas et continua dans son orgueil, ce qui ne fit qu’augmenter sa culpabilité. Amon connut une fin violente : ses propres serviteurs conspirèrent contre lui et l’assassinèrent dans son palais. Ensuite, le peuple du pays exécuta les conspirateurs et plaça son fils Josias sur le trône.
Règne de Josias
Josias, le fils d’Amon, devint roi à l’âge de huit ans. Il commença très tôt (vers l’âge de 16 ans), à chercher Dieu. Vers l’âge de 20 ans, il entreprit une purification radicale du pays : destruction des idoles, démolition des autels païens, élimination des symboles idolâtres. Lors de la restauration du Temple, le grand prêtre Hiljika découvrit un texte oublié : le Livre de la Loi (transmise pas Moïse). Quand Josias prit connaissance de ce livre, il déchira ses vêtements, signe de choc et de repentance, car il réalisa à quel point le peuple s’était éloigné de Dieu.
Josias consulta la prophétesse Hulda qui lui annonça un jugement à venir, mais qui prédit aussi à Josias qu’il serait préservé de la colère de Dieu à cause de son humilité. Alors, Josias rassembla tout le peuple, renouvela l’alliance avec Dieu et engagea tout le peuple à suivre la Loi. Josias entreprit une réforme totale et sincère : il élimina toute trace d’idolâtrie, restaura un culte fidèle et centralisé et agit avec une intégrité profonde.
Josias organisa une célébration grandiose de la Pâque : elle fut célébrée avec une fidélité remarquable à la Loi. Selon le texte, « Aucune Pâque n’avait été célébrée en Israël depuis les jours de Samuel ». Ce fut une Pâque de justesse et d’alignement avec la volonté divine. Josias fit preuve d’une grande générosité : il fournit lui-même des milliers d’agneaux et de bœufs pour le peuple. Les Lévites s’occupèrent des sacrifices, préparèrent les portions pour le peuple et veillèrent au bon déroulement de la fête. La célébration fut aussi marquée par des chants, des musiciens, des portiers à leur poste.

Malgré sa fidélité, Josias mourut de façon inattendue : il affronta le pharaon Néco II, qui affirmait pourtant ne pas venir contre Juda et même agir selon Dieu. Toutefois, Josias n’écouta pas, il s’engagea dans la bataille, au cours de laquelle il fut mortellement blessé. Sa mort provoqua une grande lamentation dans tout le pays.
Le règne de Joachaz, Jojakim et Jojakin
Joachaz, le fils de Josias, ne régna que trois mois à Jérusalem ; il fit « ce qui est mal aux yeux de l’Éternel ». Alors, il fut déposé par Néco II, le pharaon égyptien, puis emmené captif en Égypte et Juda dut payer un lourd tribut au pharaon.
Jojakim, le frère de Joachaz, fut placé sur le trône par Néco II. Il régna ans et lui aussi fit le mal. Le contexte avait néanmoins changé : le roi Nebucadnetsar était monté en puissance et il attaqua Juda. Jojakim devint son vassal et fut finalement emmené à Babylone ; de nombreux objets du Temple furent également emportés. Cet épisode marqua le début concret de l’exil.
Le règne de Jojakim représente donc la compromission politique, l’instabilité et la perte progressive de souveraineté.
Jojakin, le fils de Jojakim devint roi jeune et ne régna que trois mois et dix jours. Le roi Nebucadnetsar II assiégea Jérusalem et Jojakin fut déporté à Babylone. Il s’empara des richesses du Temple et du palais. Jojakin fut remplacé par son oncle Sédécias.
Son règne symbolise donc l’effondrement presque total et la fin imminente du royaume.
Règne de Sédécias
Le règne de Sédécias marqua la fin tragique du royaume de Juda. Ce fut un moment de basculement : tout ce qui avait été averti, ignoré et accumulé aboutit ici. Sédécias fut placé sur le trône par Nabucadnetsar II, donc dès le départ, il dépendait d’une puissance étrangère et n’était pas libre dans ses décisions. Le texte dit qu’il « fit ce qui mal aux yeux de l’Éternel ». Sédécias fut confronté à la parole du prophète Jérémie, qui l’exhorta à se soumettre à Babylone, afin d’éviter le pire. Sédécias ne l’écouta pas et se rebella contre Babylone malgré son serment. Alors survint l’inévitable : Nabucadnetsar II attaqua Jérusalem et la ville fut prise. Le temple fut brûlé, les murailles détruites, les trésors emportés et une grande partie du peuple fut déportée à Babylone. Ainsi s’accomplit la parole de l’Éternel transmise par le prophète Jérémie : l’exil dura jusqu’à ce que « le pays ait compensé ses sabbats ». Cela signifie que ce temps de pause forcée fut comme une sorte de réinitialisation spirituelle.
L’Édit de Cyrus : une ouverture vers l’espérance
Le deuxième livre des Chroniques se termine sur une notre inattendue : « L’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus le Grand ». Cyrus était connu pour respecter les cultures et les religions locales, favoriser le retour des peuples exilés et restaurer les sanctuaires.
L’Édit de Cyrus le Grand est un décret historique par lequel le roi Cyrus proclama que Dieu lui avait donné tous les royaumes de la terre et lui avait ordonné de bâtir un temple à Jérusalem.
Alors, Cyrus autorisa le retour des exilés juifs à Jérusalem, la reconstruction du Temple, ainsi que la restitution d’objets sacrés emportés à Babylone.
Après des décennies de captivité, c’est la fin de l’exil et l’édit peut être vu comme la réalisation de la promesse du prophète Jérémie, qui avait annoncé un retour. Cyrus, qui n’était pas israélite, est présenté dans ce récit comme un instrument de Dieu.
Le décret de Cyrus marqua un nouveau départ, une reconstruction extérieure (le Temple) et intérieure (l’identité du peuple).


