Achazia, un roi dans la lignée d’Achab et Jézabel
Fils d’Achab et de Jézabel, Achazia fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, comme ses parents, célèbres pour avoir introduit et favorisé le culte du dieu cananéen Baal en Israël. Un jour, il tomba d’une fenêtre de sa chambre haute à Samarie ; plutôt que de consulter le Dieu d’Israël, il envoya des messagers demander si sa blessure guérirait au dieu païen Baal-Zebub, divinité de la ville d’Ékron. Dans la perspective biblique, ce geste représentait un manque total de confiance envers le Dieu d’Israël.
Dieu envoya alors le prophète Élie rencontrer les messagers du roi et il leur transmit ce message sévère : « N’y a-t-il pas de Dieu en Israël pour que vous alliez consulter Baal-Zebub, dieu d’Ékron ? ». Puis, Élie annonça qu’Achazia ne se relèverait pas de son lit et qu’il mourrait de sa maladie. Les messagers retournèrent voir le roi et lui rapportèrent la prophétie. Achazia reconnut le prophète à sa description par les messagers et il envoya des soldats pour arrêter Élie. Deux soldats sur les trois soldats arrivèrent avec arrogance ; Élie invoqua le feu du ciel et le feu tomba et consuma les deux soldats. Le troisième soldat, plus humble, supplia Élie d’être épargné. Élie accepta de descendre parler au roi. Il répéta devant le roi la parole divine et Achazia mourut peu de temps plus tard, comme l’avait annoncé le prophète.
Joram, puis son fils Achazia, règnent sur Juda
Joram de Juda, fils de Josaphat, devint roi de Juda au cours de la 5ème année du règne de Joram d’Israël, fils d’Achab. Sa femme était une fille d’Achab et ce mariage était politiquement stratégique ; il fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel car il introduisit l’influence religieuse de la maison d’Achab dans Juda et favorisa les pratiques idolâtres. Pendant son règne, plusieurs peuples se révoltèrent contre Juda : Édom, Libna. Ces révoltes furent considérées comme un signe d’affaiblissement du royaume. Élie écrivit une lettre dans laquelle il condamnait Joram pour plusieurs raisons : il ne suivait l’exemple de son père Josaphat et il entraînait Juda dans l’idolâtrie ; il assassina ses propres frères. La prophétie annonça alors des catastrophes nationales et une maladie terrible. Peu après, Juda fut envahi par les philistins et des peuples arabes. Ils capturèrent les femmes du roi et ses fils, sauf Achazia. Joram fut ensuite frappé d’une maladie intestinale très douloureuse qui dura deux ans et dont il mourut dans d’atroces souffrances. Joram ne fut pas pleuré par son peuple.
Après la mort de Joram de Juda, son fils Achazia de Juda devint roi. Joram, son père (appelé aussi Jéhoram de Juda) avait épousé Athalie (qui était la fille d’Achab et de Jézabel) Ce mariage avait uni la dynastie de David, qui régnait sur Juda et celle d’Achab, qui régnait sur Israël. Ce mariage visait probablement à sceller une alliance politique entre les deux royaumes. Achazia était le seul survivant de la famille royale, ses frères ayant été tués lors d’un raid de peuples ennemis. Le court règne d’Achazia fut fortement influencé par sa mère Athalie. « Sa mère lui donnait des conseils pour agir méchamment ». Par conséquent, Achazia adopta les pratiques religieuses et politiques de la maison d’Achab et suivit les coutumes du royaume d’Israël.
Achazia s’allia avec son parent Joram d’Israël pour combattre les Syriens du royaume d’Aram près de Ramoth-Galaad. Pendant la bataille, Joram fut blessé et il retourna se soigner à Jizréel. Achazia se rendit à Jizréel pour lui rendre visite et c’est à ce moment-là qu’éclata la révolte de Jéhu, qui fut oint roi par ordre du prophète Élisée. Lorsque Jéhu tua le roi Joram d’Israël, Achazia tenta de fuir mais il fut blessé pendant sa fuite ; il parvint à attendre Meggido mais mourut un peu plus tard. Son corps fut ramené à Jérusalem et enterré dans le tombeau des rois, par respect pour son ancêtre David.
Joas succède à Athalie sur le trône de Juda
Après la mort de son fils Achazia, Athalie profita de la mort de son fils pour s’emparer du trône de Juda. Elle devint régente et souveraine à Jérusalem et instaura son pouvoir par la force et le contrôle militaire. Athalie chercha à supprimer toute la maison de David, afin d’éviter toute revendication contre son règne. Elle fit tuer presque tous les enfants de la famille royale. L’un des enfants, Joas, petit-fils d’Athalie, fut épargné et caché dans le Temple de Jérusalem. Grâce à un complot organisé par le grand-prêtre Joad et les chefs du Temple, Joas devint plus tard roi de Juda, à l’âge de 7 ans, ce qui mit fin au règne d’Athalie, qui fut tuée devant le Temple. La mort d’Athalie permit la restauration de la dynastie davidique à Juda avec Joas, l’élimination de l’influence directe de la maison d’Achab et la fin de la pratique ouverte du culte de Baal (au moins temporairement).
Le règne de Joas sur le royaume de Juda
Joas étant très jeune, il régna d’abord sous la direction du grand-prêtre Joad et des anciens du Temple. Son règne commença par une restauration religieuse : les pratiques idolâtres de sa mère furent abandonnées, le culte du Seigneur de Juda fut restauré et le Temple de Jérusalem reçut un soutien actif pour ses réparations et son entretien. L’une des premières actions de Joas fut de réparer le Temple, qui avait été négligé sous le règne d’Athalie et de ses prédécesseurs. Les prêtres et les fidèles furent chargés de collecter des fonds pour les travaux. La reconstruction du Temple fur considéré comme un acte symbolique et politique, consolidant la légitimité de Joas en tant que roi choisi par Dieu et il permit de rétablir l’ordre religieux dans le royaume. Lorsqu’il devint plus âgé, Joas commença à régner personnellement, prenant des décisions politiques et militaires ; il s’efforça de maintenir une politique centrée sur la fidélité à Dieu et de préserver l’indépendance de Juda face à Israël et à ses rois, tout en continuant à protéger le culte du Temple ; toutefois, au fil du temps, il toléra certains écarts religieux et des injustices dans le royaume. Des factions et complots apparurent parmi ses officiers et serviteurs, qui l’attaquèrent et le frappèrent à mort. Après avoir régné environ 40 ans sur Juda, Joas mourut ; il fut enterré à Jérusalem, dans la Cité de David.
L’annonce du départ d’Élie
L’enlèvement d’Élie marqua la fin de son ministère et le passage de son autorité à Élisée. L’ascension d’Élie se déroula pendant le règne de Joram d’Israël, roi du royaume du Nord. Dieu avait prévu de faire partir Élie dans un tourbillon. Élie en avait conscience et à plusieurs reprises, il chercha à laisser Élisée derrière lui ; Élie passa par plusieurs lieux importants : Guilgal, Béthel, Jéricho, puis le Jourdain. À chaque étape, Élisée refusa de quitter son maître. Arrivés au fleuve, Élie accomplit un miracle : il prit son manteau et frappa l’eau : le fleuve se sépara en deux. Il traversa alors à pied sec, un geste qui rappelait la traversée de la mer par Moïse. Une fois de l’autre côté, Élie demanda à Élisée : « Que veux-tu que je fasse pour toi avant d’être enlevé ? ». Élisée répondit : « Qu’il y ait sur moi une double part de ton esprit ». Dans la tradition hébraïque, la double part correspondait à l’héritage de l’aîné. Élisée demandait donc d’être l’héritier spirituel d’Élie.
Soudain, un événement spectaculaire se produisit : un char de feu et des chevaux de feu apparurent et séparèrent les deux prophètes, puis, Élie fut emporté au ciel dans un tourbillon. Élisée cria alors : « Mon père ! Mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! ». Élie disparut et Élisée ne le vit plus. Après l’enlèvement, un objet resta : le manteau d’Élie tomba au sol. Élisée le ramassa. Il retourna vers le Jourdain, frappa l’eau avec le manteau et dit : « Où est le Seigneur, le dieu d’Élie ? ». L’eau se sépara de nouveau. Ce miracle confirma que l’esprit d’Élie reposait maintenant sur Élisée.

Le règne de Joram sur Israël
Après la mort d’Achazia, Joram d’Israël devint roi car son frère n’avait pas de fils. Il retira la stèle de Baal que son père avait installée, mais il continua le culte idolâtre des veaux d’or instauré par Jéroboam Ier. Un des premiers événements de son règne fut la révolte du roi Moab, qui payait depuis longtemps un lourd tribut à Israël. Après la mort d’Achab, le roi Mésha (de Moab) se rebella et Joram forma une alliance avec Josaphat et le roi d’Édom pour rétablir son autorité. L’armée alliée traversa le désert et se retrouva sans eau ; on vint alors consulter le prophète Élisée, qui accepta d’intervenir à cause du roi Josaphat, qu’il respectait. Élisée annonça deux miracles : Dieu fournirait de l’eau sans pluie ni vent et Israël remporterait la victoire. C’est exactement ce qui se passa le lendemain.
Les miracles d’Élisée au cours du règne de Joram d’Israël
Le règne de Joram fut surtout marqué par les actions du prophète Élisée. Parmi les épisodes célèbres : la multiplication de l’huile de la veuve, la résurrection du fils de la Sunamite, la guérison du général Naaman, la délivrance d’Israël contre les armées d’Aram. Ces récits montraient que la véritable autorité spirituelle appartenait au prophète plutôt qu’au roi.
Un épisode dramatique survint lorsque l’armée d’Aram assiégea Samarie. La famine devint terrible et les aliments atteignirent des prix exorbitants. Joram accusa alors Élisée d’être responsable de ce malheur et voulut le faire tuer. Mais Élisée annonça que le lendemain, la nourriture serait abondante. Effectivement, les Syriens (peuple d’Aram, royaume araméen de Damas, qui sera traduit par « syriens » par les grecs) s’enfuirent mystérieusement pendant la nuit, à la suite d’un événements étrange produit par Dieu qui les effraya. Ils laissèrent derrière eux toutes leurs provisions et leurs richesses, dont le camp adverse profita. Malgré les miracles et les avertissements prophétiques, la dynastie d’Achab fut condamnée. Le prophète Élisée envoya un disciple dans le camp militaire à Ramoth-Galaad, pour oindre un nouveau roi : Jéhu, un chef militaire. Après l’avoir emmené dans une pièce isolée et versé de l’huile sur sa tête, le disciple déclara à Jéhu que sa mission était de détruire toute la maison d’Achab.
Élisée fut oint successeur d’Élie et il accomplit de nombreux miracles (surtout dans le royaume d’Israël, du Nord). Il interagit avec certains rois de Juda (comme Joas de Juda) afin de soutenir la lignée davidique et la fidélité au culte du Seigneur. Élisée mourut de mort naturelle à Samarie. Son ministère prophétique s’acheva vers le début du règne de Joas de Juda, lorsque le royaume fut stabilisé et que le culte du Seigneur fut restauré dans le Sud.

L’accession de Jéhu au trône du royaume d’Israël
Jéhu fut reconnu comme roi par les officiers et une révolte militaire commença : Jéhu rencontra Joram près de Jizréel. Joram lui demanda s’il était venu pour la paix, mais Joram lui répondit qu’il ne pouvait être question de paix tant que les activités et les sortilèges de sa mère Jézabel dureraient ; il tira une flèche dans le cœur de Joram, qui s’effondra et mourut dans son char. Son corps fut jeté dans le champ qui appartenait à Naboth, accomplissant une ancienne prophétie contre la maison d’Achab. Le roi d’Achazia, présent à Jizréel lors de la révolte, tenta de fuir, mais il fut blessé mortellement et mourut.
La chute de la reine Jézabel
Lorsque Jéhu entra dans la ville, la reine Jézabel l’attendait à une fenêtre, maquillée et coiffée, et elle l’interpela avec ironie : « Est-ce la paix, Zimri, assassin de son maître ? » (Jézabel faisait référence à Zimri, un ancien roi qui avait assassiné son souverain mais n’avait régné que quelques jours avant de mourir ; elle accusait donc Jéhu d’être un usurpateur condamné à un règne court). Jéhu ne répondit pas directement ; il leva les yeux vers la fenêtre et cria : « Qui est pour moi ? », alors des serviteurs apparurent à la fenêtre. Jéhu ordonna : « Jetez-la ! ». Les serviteurs obéirent immédiatement et jetèrent Jézabel du haut du palais. Son corps fut piétiné par les chevaux. Plus tard, lorsqu’on voulut l’enterrer, il ne restait presque plus rien d’elle, car les chiens avaient dévoré son corps, accomplissant encore la prophétie d’Élie.

Règne et politique de Jéhu, roi d’Israël
Jéhu accéda au pouvoir par une révolution militaire, après avoir tué le roi Joram ; avant de prendre le pouvoir, il fut d’abord officier dans l’armée de Joram. La première politique de Jéhu fut une purge totale de la famille royale précédente : il fit exécuter Jézabel, les 70 fils d’Achab à Samarie, ainsi que les alliés et proches du régime précédent. Politiquement, cela signifiait la destruction d’une dynastie entière et de toute opposition potentielle. L’un des actes les plus célèbres de Jéhu fut la destruction du culte de Baal. Jéhu organisa une ruse politique et religieuse : il prétendit vouloir servir Baal encore plus qu’Achab et il convoqua tous les prêtres de Baal dans leur temple. Il fit massacrer tous les participants et détruisit le Temple. Le culte de Baal fut donc officiellement éliminé d’Israël. Toutefois, Jéhu n’abandonna pas les sanctuaires rivaux de Jérusalem : le veau d’or de Jéroboam Ier à Béthel et à Dan.
La politique étrangère de Jéhu fut considérée comme affaiblie, à cause de la pression militaire de la Syrie et de la dépendance croissante envers l’Assyrie. Israël perdit donc une partie de son autonomie régionale pendant son règne. Le principal adversaire d’Israël à cette époque était le royaume d’Aram-Damas, dirigé par Hazaël. Pendant le règne de Jéhu, Hazaël conquit plusieurs territoires israélites. La Bible dit même que « Le Seigneur commença à retrancher des parties d’Israël ». Avant Jéhu, la dynastie d’Achab avait construit un réseau diplomatique solide, mais après le coup d’État de Jéhu, ce système diplomatique se désagrégea : les alliances liées à la maison d’Achab disparurent et Israël se retrouva isolé face à ses ennemis. Sous le règne de Jéhu, le royaume entra donc dans une phase de repli et de dépendance. Dieu reconnut que Jéhu avait accompli une mission importante : il avait exécuté le jugement contre la maison d’Achab. Dieu dit à Jéhu : « Parce que tu as bien exécuté ce qui était droit à mes yeux en agissant contre la maison d’Achab, tes fils jusqu’à la quatrième génération seront assis sur le trône d’Israël ». Mais le texte biblique ajoute immédiatement une critique : il précise que Jéhu « ne marcha pas de tout cœur dans la loi de Dieu », car il continua les cultes instaurés par Jéroboam (les veaux d’or de Béthel et de Dan). La mort de Jéhu est racontée dans la Bible de manière très sobre : « Jéhu se coucha avec ses pères, et on l’enterra à Samarie ». Après sa mort, son fils Joachaz devint


