Le deuxième livre de Samuel raconte l’ascension et le règne de David, qui devient roi de tout Israël, établit Jérusalem comme capitale et y fait entrer l’arche de Dieu. Ce livre raconte des événements du Xème siècle mais il aurait été probablement mis par écrit plusieurs siècles plus tard.
La complainte de David en hommage à Saül et Jonathan
Après la mort de Saül et Jonathan, David, il vainquit les amalécites et revint à Tsiklag. Il composa la complainte de l’arc, une élégie funèbre en l’honneur de Saül et Jonathan. Ce poème rendait hommage aux héros qui sont tombés ; David pleurait la chute d’Israël, la mort de Saül et surtout celle de Jonathan, son ami très proche. Il exprima une grande affection pour Jonathan : « Ton amour pour moi était merveilleux, plus merveilleux que l’amour des femmes », dit David en pensant à son ami décédé. À travers son poème, David honora également Saül, pourtant son ancien persécuteur. Dans la tradition biblique, la complainte de David est l’une des plus anciennes pièces de poésie hébraïque conservée. Cette complainte marque ainsi la chute de la maison de Saül et l’ouverture du règne de David.
David est consacré roi de Juda à Hébron
Le premier sacre de David eut lieu à Hébron où il se rendit sur la demande de l’Éternel. Là, les anciens de la tribu de Juda le reconnurent comme roi et il fut oint roi de Juda. Hébron devint sa capitale pendant environ sept ans. La royauté de David était contestée par la famille de Saül et la guerre fut déclarée. David, devenait de plus en plus fort, il avait également à ses côtés ses fils : Amron, Kileab, Absalom, Adonya, Shephatia, Jithream. Abner, qui avait été le chef de l’armée de Saül, décida de se rallier à David, à la suite d’un conflit avec Ishbosheth, un fils de Saül qui était devenu roi sur une partie d’Israël après la mort de Saül. Mais Joab, le chef de l’armée de David, refusa cette réconciliation, car lors d’une précédente bataille, Abner avait tué son frère, Asaël. Par vengeance, Joab rappela Abner à Hébron sous prétexte de lui parler ; il le prit à part dans la porte de la ville et le tua d’un coup de poignard. David fut profondément contrarié par ce meurtre, car Abner était devenu pour lui un allié politique essentiel. Il organisa un grand deuil pour Abner et composa une complainte pour Abner : « Que l’Éternel traite conformément à sa méchanceté celui qui fait le mal » déclara David, dans cette complainte.
Toutes les tribus d’Israël se tournent vers David
Toutes les tribus d’Israël souhaitèrent faire alliance avec David et il fut consacré roi par onction sur Israël à l’âge de 30 ans. Il marcha sur Jérusalem et s’empara de la forteresse de Sion. Bien avant la conquête de David, la ville était déjà connue sous le nom de Jérusalem et elle était habitée par les Jébuséens. Le Mont Sion désignait à l’origine la citadelle jébuséenne, une place forte située sur une colline au sud-est de la ville. David régna pendant 40 ans. (7 ans et 6 mois sur Juda et 33 ans sur tout Israël et Juda, à Jérusalem). Il ne changea pas le nom de la ville mais il fit de Jérusalem la capitale politique du royaume et y transféra l’Arche de l’Alliance.
Jérusalem devient le centre spirituel du royaume
Il transforma la ville en centre religieux et royal d’Israël. Jérusalem était construite sur des collines et protégée par des ravins, ce qui en faisait une place forte naturelle. La ville devint le symbole de l’unité du peuple, de la royauté légitime et de la présence de Dieu. David avait choisi Jérusalem parce qu’elle était neutre politiquement, forte militairement et idéale pour devenir le centre spirituel du royaume. Des termes comme « Sion » sont donc devenus plus tard des symboles spirituels très puissants. David fit construire à Jérusalem sa forteresse et devint de plus en plus puissant. Il eut d’autres concubines et d’autres femmes de Jérusalem, qui lui donnèrent d’autres enfants : Shammua, Shobab, Nathan, Salomon, Ibhar, Elishua, Nepheg, Japhia, Elishama, Eliada, Elipheleth.

Les victoires de David sur les Philistins
Une fois David reconnu roi de tout Israël et son installation à Jérusalem, les Philistins réagirent immédiatement et vinrent l’attaquer dans la vallée des Rephaïm. David consulta l’Éternel avant de combattre et la réponse fut positive. David combattit les Philistins et remporta une victoire éclatante à Baal-Peratsim. David déclara : « L’Éternel disperse mes ennemis devant moi comme de l’eau qui coule ». Lors de la deuxième bataille avec les Philistins, l’Éternel demanda à David de ne pas les attaquer directement mais de contourner l’ennemi et d’attendre un signe dans les arbres de mûriers (ou balsamiers) ; ce signe symbolisait l’action divine qui précèdant l’homme. Lorsqu’il obtint ce signe, David sut qu’il pouvait attaquer et il poursuivit les Philistins de Guéba jusqu’à Guézer. Avant chaque bataille, David consultait Dieu et la victoire est présentée comme venant de Dieu, pas seulement de la stratégie humaine.
Transport de l’Arche de l’Alliance à Jérusalem
David voulait réunir le centre politique et le centre religieux ; il souhaita que l’Arche, symbole de la présence de Dieu parmi son peuple, soit dans sa capitale afin de consolider l’unité du royaume autour de David et de la foi nationale. David ordonna de transporter l’Arche depuis Kiryat-Jearim, où elle était restée depuis l’époque de Samuel. L’Arche fut transportée sur un char, ce qui n’était pas le mode prescrit par la Loi (il fallait la porter avec des barres sur les épaules des prêtres). Lorsque le char tangua, Oza, l’un des hommes qui accompagnaient le transport de l’Arche, tendit la main pour soutenir l’Arche ; Dieu frappa Oza, qui mourut sur le coup. Ce tragique incident est un rappel que l’Arche doit être traitée avec un respect scrupuleux, que la présence divine est sacrée et exige obéissance aux prescriptions.
Lors de son second transport, après avoir été laissée pendant trois mois à la maison d’Obed-Édom, un nouveau transport fut organisé, cette fois-ci en respectant la Loi : les prêtres portèrent l’Arche sur leurs épaules. David célébra cet événement avec des danses, des chants et de la musique devant l’Arche. Il offrit des offrandes à Yahvé et bénit le peuple au nom de l’Éternel. Les sons des harpes, des tambourins, des luths, des sistres et des cymbales accompagnaient cette procession. C’est à ce moment-là que Jérusalem devint le centre spirituel et politique d’Israël, le cœur de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Dans la tradition biblique et spirituelle, cet épisode est vu comme la confirmation de David comme roi choisi par Dieu, capable d’unifier le peuple autour de la foi et de la royauté.

Une maison pour Dieu et une maison pour David
Après avoir installé l’Arche de l’Alliance à Jérusalem, David souhaita construire un temple pour Dieu, une demeure permanente pour l’Arche. Dieu, par l’intermédiaire du prophète Nathan, lui répondit que la construction de ce temple ne se ferait pas sous son règne mais sous celui de Salomon, l’un de ses fils. Dieu promit à David qu’il y aurait une maison (dynastie) durable : « Je te susciterai une descendance qui régnera sur Israël à jamais ». Cela fit de David le roi légitime, fondateur d’une lignée royale, dont Salomon sera l’héritier. La « maison pour David » n’était donc pas un bâtiment, mais elle représentait une dynastie, un royaume stable, garant de l’alliance divine. La maison de Dieu et la maison de David étaient symboliquement liées : le Temple était le centre religieux et la dynastie de David était le centre politique et dynastique. Un lien indissociable était donc établi entre royauté et présence divine.
L’adultère et la condamnation de David
Un soir, alors qu’il se promenait sur le toit du palais royal, David aperçut une femme très belle en train de se baigner. Elle se prénommait Beth-Shéba et elle était la femme d’Urie le Hittite, l’un des soldats de David, qui était alors au combat. David envoya la chercher et commit un adultère, puis elle retourna chez elle. Bath-Shéba tomba enceinte de cette relation. Pour cacher son acte, David tenta de convaincre Urie de rentrer de la guerre afin qu’il couche avec sa femme et que la grossesse paraisse normale. Urie refusa de rentrer chez lui par loyauté envers ses compagnons. Alors, David, voyant son plan échouer, ordonna à Joab d’envoyer Urie au point le plus dangereux du front afin qu’il tombe sous l’ennemi. Urie mourut au combat et Bath-Schéba devint veuve ; après le deuil, David l’épousa. Ce que fit David déplut à l’Éternel et le prophète Nathan vint le confronter et prononcer un jugement : il lui dit que le fils né de cette union ne survivrait pas et c’est ce qui arriva. Après la mort du nouveau-né, David se rendit dans la maison de l’Éternel pour s’y prosterner. Plus tard, Bath-Shéba mit au monde un autre fils prénommé Salomon, que l’Éternel aima.

L’inceste d’Amnon et la vengeance d’Absalom
Amnon était l’un des fils de David ; il était tombé amoureux de sa sœur Tamar et avec la complicité de son cousin Jonadab, il l’attira chez lui et profita de l’occasion pour abuser d’elle. Tamar cria à l’injustice et à l’humiliation, mais Amnon la repoussa et la laissa, ruinant sa réputation et son honneur. Absalom, l’un des frères d’Amnon et de Tamar, fut outré par l’injustice faite à sa sœur. David était également furieux, mais il ne prit pas de sanction immédiate, ce qui laissa Amnon frustré. Deux ans plus tard, Absalom fit tuer Amnon lors d’un banquet, vengeant ainsi sa sœur. Ce récit est une illustration des drames familiaux au sein de la maison de David et des conséquences dévastatrices qu’ils purent entraîner. Après ces événements, Absalom prit la fuite pour échapper à la colère de son père et il se rendit chez Talmaï, roi de Gueshur, où il resta trois ans. Après ces trois années d’exil, il fut autorisé à rentrer à Jérusalem mais ne revit pas David immédiatement. Avec l’aide de Joab, il put obtenir une audience avec son père et réintégra progressivement la cour.
La révolte d’Absalom contre son père David
Après le retour d’Absalom, à Jérusalem, sa relation avec son père était tendue. Absalom était beau, charismatique et populaire auprès du peuple, tandis que David était vieillissant et parfois perçu comme distant. Absalom commençait à séduire l’opinion publique, créant un climat de loyauté parallèle. Il se fit proclamer roi à Hébron, la ville où David avait d’abord été couronné roi de Juda. De nombreux israélites se rallièrent à lui, attiré par son charisme et sa promesse de justice. David, averti de la rébellion, prit la fuite de Jérusalem pour éviter l’affrontement urbain et protéger la ville de la destruction. Des partisans et amis de David se détournèrent de lui et prirent le parti d’Absalom ; ils donnèrent même des conseils à Absalom pour faire périr David. Mais l’Éternel, qui avait décidé que ces conseils ne seraient pas appliqués, avait prévu de faire venir le malheur sur Absalom.

Défaite d’Absalom après la bataille contre l’armée de David
Absalom rassembla ses partisans pour affronter l’armée loyale à David. L’armée de David était commandée par Joab, qui organisa une bataille dans la forêt d’Ephraïm. La bataille fut féroce et de nombreux soldats d’Absalom moururent. La rébellion d’Absalom commença à s’effondrer et il s’enfuit sur un cheval. Sa longue chevelure s’accrocha aux branches d’un arbre et il resta suspendu dans les airs, à la merci de tous. David avait ordonné que son fils soit épargné : « Pour l’amour de moi, faites doucement avec le jeune Absalom », avait demandé David. Mais, Joab, voyant l’occasion de terminer la rébellion rapidement, planta trois javelots dans le cœur d’Absalom encore vivant. Absalom fut ensuite jeté dans une grande fosse dans la forêt et recouvert d’un gros tas de pierres. Lorsque David apprit la mort de son fils, il fut submergé de chagrin : « Mon fils Absalom ! Si seulement j’étais mort à ta place ! », s’exclama David, qui monta dans sa chambre et pleura. Cette victoire militaire fut changée en deuil ; David subit une immense douleur personnelle et son profond chagrin souligne la dimension tragique et humaine du récit.
Le retour de David sur le trône : leadership et sagesse
Après la mort d’Absalom et la fin de la rébellion, David resta à Mahanaïm, un lieu sûr à l’est du Jourdain, pendant que le royaume se stabilisait. Ses partisans lui envoyaient des messagers et commençaient à réorganiser le royaume, préparant son retour en toute sécurité. Le peuple d’Israël qui l’invitait à revenir, exprima sa loyauté envers lui en lui réservant un accueil solennel et festif. David fit preuve d’une grande sagesse politique en épargnant ou en intégrant ceux qui avaient soutenu Absalom, afin de prévenir toutes nouvelles rébellions. Il prononça des paroles de pardon, cherchant à stabiliser le royaume et à apaiser les tensions internes. Le retour de David marqua la consolidation du royaume unifié, avec à sa tête, non seulement un souverain, mais également un père en deuil et un homme conscient des failles de son royaume.
Dernières batailles de David et cantique de délivrance
David continua d’affirmer la puissance d’Israël sur ses ennemis traditionnels, les Philistins. Il repoussa plusieurs incursions et soumit les cités philistines, assurant la sécurité des frontières du royaume. Il mena des campagnes contre les Moabites, les Syriens de Damas, les Édomites. Ces campagnes permirent de créer un royaume unifié, sûr et prospère autour de Jérusalem. Lors de l’un de ses derniers exploits contre les Philistins, David eut toutefois une défaillance : alors qu’un géant philistin était sur le point de le tuer, Abishai, son neveu et chef militaire loyal, lui vint en aide. Pour célébrer la protection et la délivrance de Dieu, David avait pour habitude de chanter un cantique de délivrance : « L’Éternel est mon rocher, ma forteresse, mon libérateur… ». Il s’agissait d’un cantique typique de la tradition des cantiques de victoires et de louange dans la Bible hébraïque. Symboliquement, ils exprimaient la foi et la gratitude et servaient à inspirer le peuple à la confiance en Dieu et à la loyauté envers le roi choisi par Dieu. Le cantique de délivrance de David célébrait la protection et la victoire donnée par Dieu, exprimant louange, gratitude et reconnaissance pour la justice divine, tout en rappelant que même un roi puissant restait dépendant de la guidance divine.
Le recensement du peuple et la peste
À la fin de son règne, David ordonna un recensement militaire du peuple d’Israël et de Juda. Il demanda à son général Joab de parcourir tout le royaume pour compter les hommes capables de combattre. Joab lui-même fut surpris par cette initiative de David et le lui fit remarquer, mais malgré cette objection, le recensement fut réalisé pendant près de neuf mois. Dans la pensée biblique, ce geste fut interprété comme un acte d’orgueil politique (David cherchant à mesurer sa puissance militaire) et un manque de confiance en Dieu (comme si la sécurité d’Israël dépendait du nombre de soldats plutôt que de la protection divine). Après le recensement, David lui-même reconnut sa faute et annonça : « J’ai gravement péché en faisant cela ».
Dieu envoya le prophète Gad pour proposer à David de choisir entre trois châtiments : trois années de famine, trois mois de fuite devant les ennemis ou trois jours de peste. David choisit la peste. Une terrible épidémie frappa le pays et 70 000 hommes moururent à travers Israël.

L’ange destructeur arriva jusqu’à Jérusalem, mais au moment où la ville allait être frappée, Dieu arrêta le fléau. David vit l’ange et s’écria : « C’est moi qui ai péché ! Que ta main frappe moi et ma maison, mais pas ce peuple ». Le prophète Gad ordonna à David d’ériger un autel sur l’aire de battage d’un homme nommé Arauna, qui proposa de donner gratuitement le terrain et les animaux pour le sacrifice. Mais David refusa : « Je n’offrirai pas au Seigneur des sacrifices qui ne me coûtent rien. » David acheta le terrain, offrit des sacrifices et la peste s’arrêta.
L’aire d’Arauna, située sur le Mont Morija à jérusalem, deviendra plus tard l’emplacement du Temple de Salomon.

