De la majesté à l’humilité, Jésus : lion et agneau

L’association de Jésus à la figure du lion et de l’agneau provient principalement de la Bible et elle a une forte portée symbolique. Ces deux images peuvent sembler contradictoires, mais elles expriment deux aspects complémentaires de la personne et de la mission de Jésus dans la tradition chrétienne.

Le lion : il incarne la force, la royauté, la puissance divine

Dans la Bible, le lion est lié à la tribu de Juda, l’une des douze tribus d’Israël. Dans l’Ancien Testament, Juda est comparé à un lion, dans la Genèse et une prophétie annonce que le Messie viendra de cette tribu.

Dans l’Apocalypse, du Nouveau Testament, le lion représente le Messie victorieux, roi et conquérant, celui qui détient le pouvoir et l’autorité.

D’un point de vue spirituel, Jésus est vu comme le Roi (descendant de David), vainqueur du mal, plein de majesté, de courage et de puissance divine.

Le lion est porteur de feu et de royauté, il marche avec la majesté de celui qui détient le pouvoir, le sceptre du temps dans la main. Il a en lui la force invincible du ciel, la promesse d’un règne juste et incorruptible.

L’image de Jésus comme un lion est plus rare que celle de l’agneau, mais elle est fortement symbolique et se trouve dans un passage clé de l’Apocalypse, qui relie Jésus à la prophétie messianique de l’Ancien Testament :

« Et l’un des anciens me dit : Ne pleure pas ; voici, le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux ». Ce passage associe clairement Jésus au lion, en tant que Messie triomphant, descendant de David (tribu de Juda) capable de révéler les mystères divins. Le verset établit un lien entre Jésus et les prophéties de l’Ancien Testament, notamment celles sur le roi messianique attendu.

Dans un verset de la Genèse, de l’Ancien Testament, Jacob (Israël) qualifie l’un de ses fils, Juda, de lionceau et dit que le sceptre ne s’éloignera pas de lui jusqu’à ce qu’arrive le Messie. Ce passage prophétique est souvent interprété dans la tradition chrétienne comme une annonce du Messie venant de Juda, tribu de Jésus.

Dans la tradition chrétienne, le lion symbolise la force, la royauté, l’autorité spirituelle, la victoire du mal sur la mort, la puissance de la parole divine, il est le symbole du Christ glorieux, ressuscité et règnant.

L’agneau : il représente la douceur, l’innocence, le sacrifice

Dans l’Ancien Testament, les agneaux sont souvent utilisés pour les sacrifices, notamment à la Pâque juive, fête au cours de laquelle un agneau sans défaut était sacrifié pour rappeler la libération d’Égypte.

L’agneau est mentionné dans le Nouveau Testament : « Voici l’agneau, qui enlève le péché du monde ». C’est ainsi que Jean-Baptiste désigne Jésus, en référence à son rôle sacrificiel (Évangile de Jean).

Dans l’Apocalypse, bien qu’on annonce le lion, c’est finalement un agneau immolé que voit Jean. Cela souligne que la victoire du Christ ne passe pas par la violence, mais par le sacrifice, l’amour et le pardon.

Jésus symbolise donc le lion mais aussi l’agneau pascal, celui qui donne sa vie pour les autres, dans l’humilité et la douceur. Il est l’agneau qui avance sans défense, le cœur grand ouvert et dans son regard se lit la paix des innocents.

Jésus associé à l’agneau dans le Nouveau Testament

Jésus est explicitement ou symboliquement associé à l’agneau dans certains passages du Nouveau Testament. Cette image est centrale dans la théologie chrétienne du sacrifice rédempteur. Dans l’Évangile de Jean, Jean le Baptiste reconnaît en Jésus l’agneau sacrificiel qui rachète l’humanité : « Voici l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ». Pierre, l’un des disciples de Jésus, l’a également écrit dans ses épîtres : « vous avez été rachetés […] par le sang précieux du Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache ».

L’agneau est mentionné à plusieurs reprises dans le Livre de l’Apocalypse :

« Et je vis, au milieu du trône…un agneau debout, comme immolé ».

« L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse ».

« La ville n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’éclaire et l’agneau est son flambeau ».

Le lion et l’agneau représentent à eux deux le mystère d’un être à deux visages, unis sans jamais se contredire. Jésus Christ est le Roi qui règne en servant, le fort qui triomphe en s’abaissant, le juge qui pardonne. En lui, la majesté s’incline devant l’humilité et l’humilité se révèle plus forte que toutes les armées.

Ainsi est le Christ : Lion de Juda, Agneau de dieu ; force et tendresse, justice et miséricorde, le feu et la douceur dans un même souffle.

En Jésus, le lion et l’agneau ne s’opposent pas, ils se complètent et l’un sans l’autre serait incomplet ; ils représentent la force et la douceur. Le lion, rugissant de justice, règne avec puissance, non pour écraser, mais redresser, relever et faire justice. Jésus Christ est aussi l’agneau, silencieux dans la souffrance, vulnérable et sans défense, offert en sacrifice pour que l’amour ait le dernier mot. Le chrétien est ainsi invité à suivre un chemin paradoxal : porter la force du lion dans la patience de l’agneau.

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