18 LIVRE DE SAMUEL 1

L’histoire de ce livre se situe à la fin de la période des Juges, avant l’instauration de la monarchie en Israël.

Anne donne naissance à Samuel

Elkana avait deux femmes, Anne et Peninna. Peninna avait des enfants alors qu’Anne n’en avait pas et elle subissait des provocations et moqueries de la part de Peninna. Anne suppliait l’Éternel de lui accorder et un fils et au cas où son vœu serait exaucé, elle promit à l’Éternel de lui consacrer son enfant. Elle allait faire ses prières au Temple où elle rencontrait Éli, grand prêtre à Silo, où se trouvait le sanctuaire principal. Éli s’adressa un jour à Anne, pour lui dire : « Que le Dieu d’Israël exauce ta prière ». Peu de temps après, Anne tomba enceinte et donna naissance à Samuel. Après qu’il fut sevré, elle l’emmena à Silo pour le présenter au Temple et à Éli et elle offrit à l’Éternel 3 taureaux, 22 litres de farine et une outre de vin.

Anne chante un cantique à la gloire de l’Éternel

Ce cantique l’Éternel chante les louanges de l’Éternel, qui sait tout et qui pèse la valeur de chaque action et qui demande de prendre garde à l’arrogance et aux paroles hautaines.

« L’Éternel appauvrit et enrichit, il abaisse et il élève. De la poussière, il retire le pauvre du fumier, il relève le faible, pour les faire asseoir avec les grands, et il leur donne en possession un trône de gloire. »

Il dit que ce n’est pas par la force que l’homme triomphera.

Samuel, qui devint prophète, demeura dans le Temple, où il assistait Éli, au service de l’Éternel. Une fois par an, Anne venait lui rendre visite et lui apporter une robe.

La corruption des fils d’Éli

Les fils d’Éli, Hophni et Phinés, ne suivaient pas l’exemple de leur père ; ils étaient corrompus et méprisants envers les offrandes faites à l’Éternel, qu’ils détournaient à leur profit :

« Les fils d’Éli étaient des hommes pervers ; ils ne connaissaient pas l’Éternel ».

Selon la Loi, les prêtres avaient droit à une part précise des sacrifices, mais les deux fils prenaient la viande avant qu’elle ne soit offerte à Dieu, ils exigeaient des portions supérieures à ce qui était prescrit et menaçaient les fidèles qui refusaient. Ils couchaient également avec les femmes qui servaient à l’entrée de la Tente de la Rencontre. Ils avaient fait de leur fonction religieuse un instrument de pouvoir et de jouissance. Éli était déjà âgé lorsqu’il fut au courant des agissements de ses fils. « Pourquoi faites-vous de telles choses ? », leur demanda-t-il.  Il les réprimanda mais il ne les destitua pas, il resta passif devant les fautes de ses fils.

Le jugement de Dieu envers Éli et ses fils

Un « homme de Dieu » apparut à Éli pour lui annoncer le jugement divin. Il lui annonça que sa lignée sacerdotale serait rejetée, que ses deux fils mourraient le même jour et qu’un prêtre fidèle serait choisi pour les remplacer. Cette parole fut confirmée au jeune Samuel dans une révélation nocturne. Ce jugement s’accomplit lors d’une guerre contre les philistins. Au cours de cette bataille, l’Arche de l’Alliance fut capturée et Hophni et Phinéas moururent le même jour. En apprenant cette nouvelle, Éli tomba en arrière, se brisa la nuque et mourut. La belle-fille d’Éli nomma son enfant Ichabod (qui signifie « la gloire est bannie »), après ces événements.

L’Arche de l’Alliance chez les Philistins

Les philistins, qui avait volé l’Arche de l’Alliance, la placèrent chez eux dans le temple de Dagon. La statue de Dagon tomba face contre terre devant l’Arche. Les Philistins la redressèrent le lendemain mais elle tomba de nouveau le surlendemain. Peu de temps après, des fléaux s’abattirent sur la ville d’Asdod : l’Éternel frappa la population de tumeurs (parfois traduites par hémorroïdes ou bubons), alors les habitants d’Asdod voulurent se débarrasser de l’Arche de l’Alliance, qui fut transportée à Gath ; mais Yahvé frappa de nouveau la population, avec des tumeurs et des souris. L’Arche resta sept mois dans le pays des Philistins, pendant lesquels les fléaux s’accumulèrent, alors les prêtres et les devins philistins conseillèrent de renvoyer l’Arche avec une offrande en réparation, composée de 5 tumeurs en or et de 5 souris en or, ce qui correspondait au nombre de princes philistins. L’Arche et les objets en or furent placés sur un char tiré par deux vaches qui n’étaient pas attelés. Si ces vaches prenaient la direction d’Israël, cela serait la preuve que les fléaux avaient bien été envoyés par le Dieu d’Israël. Les vaches allèrent directement vers Beth-Shémesh, sans dévier.

Le retour de l’Arche chez les israélites

Les habitants se réjouirent du retour de l’Arche et offrir des sacrifices, mais certains d’entre eux la manipulaient de façon irrévérencieuse, alors beaucoup moururent, frappés par Dieu, qui leur fit comprendre que la sainteté de Dieu n’était pas à traiter à la légère. Les habitants de Beth-Shémesh, effrayés, demandèrent que l’Arche soit emmenée ailleurs et elle fut relocalisée à Qoryat-Yearim, dans la maison Abinabad. Son fils Éléazar fut chargé de veiller sur l’Arche et elle resta dans cette ville pendant 20 ans, période durant laquelle Israël connut un temps de repentance sous la conduite de Samuel. L’Arche devint alors un symbole silencieux de la présence divine plutôt qu’un objet de guerre.

La défaite des philistins : un tournant politique et spirituel

Après la crise de l’Arche et le temps de repentance d’Israël, Samuel appela le peuple à abandonner les Baals et les Astartés, à revenir sincèrement au Seigneur, à jeûner et à confesser ses fautes. Le peuple se rassembla à Mitspa pour un acte collectif de conversion. C’est à ce moment-là que les Philistins les attaquèrent. Les Israélites, effrayés, demandèrent à Samuel d’intervenir et de prier pour eux. Samuel offrit en sacrifice un jeune agneau tout entier au Seigneur. Au moment de l’affrontement, un bruit de tonnerre, envoyé par Yahvé, s’abattit sur les Philistins, qui furent plongés dans la confusion. Israël les poursuivit et les battit jusqu’à Beth-Car. Les Philistins furent mis en déroute et les israélites obtinrent la victoire, grâce à l’Éternel. Après la victoire, Samuel dressa une pierre entre Mitspa et Shen et l’appela Ében-Ézer (« Pierre du secours »). Ce geste symbolique signifiait que la victoire était attribuée à l’aide divine, non à la force militaire.

Les Israélites demandent un roi à Samuel

Samuel devenait vieux et il décida d’établir ses fils, Joël et Abija, comme juges. Mais, tout comme les fils d’Éli auparavant, ils se corrompirent, en acceptant des pots-de-vin et en pervertissant la justice.

« Tes fils ne marchent pas sur tes traces » dit l’Éternel à Samuel.

Le peuple perdit confiance en ses juges et alla voir Samuel pour lui demander un roi :

« Établis sur nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations. »

En demandant « comme les nations », un roi, le peuple manifestait un désir de sécurité, une volonté de conformité et une protection face aux menaces extérieures (notamment des Philistins). Samuel se sentit blessé et alla prier Dieu, qui lui dit :

« Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. »

Cette demande révélait un problème qui n’était pas seulement politique mais également théologique. Effectivement, Israël était censé avoir Dieu pour roi et en réclamant un roi, ils signifiaient leur manque de foi et de confiance en Dieu.

Samuel avertit le peuple des conséquences de son choix

Sur la demande de Yahvé, Samuel avertit le peuple des conséquences de l’avènement d’un roi. Il les prévint que le roi prendrait leur fils pour la guerre, leurs filles pour ses services ; il s’emparerait de leurs terres, de leurs récoltes et leur ferait payer un impôt. Mais le peuple persista dans sa décision :

« Nous voulons un roi ! »

Alors, Dieu dit finalement à Samuel :

« Écoute leur voix et établis un roi. »

Saül devient le premier roi des Israélites

Saül fut le premier roi choisi par Dieu, vers le XIème siècle avant J.-C. ; il était le fils de Qish (ou Kis) et originaire de la tribu de Benjamin. Décrit comme jeune, grand et beau, il était à la recherche d’ânesses perdues lorsqu’il croisa la route de Samuel. Cette rencontre providentielle avait été organisée par Dieu, qui révéla à Samuel :

« Voici l’homme dont je t’ai parlé ; c’est lui qui dominera mon peuple. », révéla Yavhé à Samuel.

Samuel prit une fiole d’huile et la versa sur la tête de Saül. L’onction marquait l’élection divine et la consécration.

« L’Éternel t’a désigné par onction » dit-il à Saül.

Plus tard, Samuel convoqua les tribus et procéda à un tirage au sort sacré. Le choix tomba de nouveau sur Saül.

Ensuite, Samuel présenta Saül au peuple, qui cria : « Vive le roi ! ».

L’onction de premier roi marqua une transition théologique majeure et l’avènement d’une monarchie institutionnelle, qui remplaça la théocratie charismatique (les juges). Cette évolution prépara l’arrivée de David, figure centrale de la royauté biblique et ancêtre messianique dans la tradition chrétienne.

Saül remporte de nombreuses victoires

Dans 1 Samuel, le règne de Saül est résumé ainsi :

« Il combattit de tous côtés ses ennemis : Moab, Ammon, Édom, les rois de Tsoba et les Philistins…Partout où il se tournait, il était victorieux. »

Au début de son règne, Saül fut un chef efficace, il remporta des victoires militaires, rassembla les tribus et redonna confiance au peuple. Lorsque Nahash, un Ammonite, assiégea la ville israélite de Yabesh-Galaad, il proposa comme traité de crever l’œil droit de chaque habitant. Lorsque Saül apprit cela, il rassembla les tribus et leva une armée importante pour aller attaquer et écraser les Ammonites. Cette victoire consolida sa légitimité auprès du peuple.

Les combats de Saül et Jonathan contre les Philistins

Les Philistins étaient les principaux ennemis d’Israël à cette époque.

Le fils de Saül, prénommé Jonathan, accompagna son père dans ces batailles et réalisa des exploits militaires, notamment face aux philistins, lorsqu’il frappa une de leurs garnisons à Guéba. L’exploit de Micmash fut son initiative la plus célèbre ; alors que les Philistins dominaient militairement Israël et que les Israélites étaient mal armés, Jonathan décida d’agir sans prévenir son père. Il dit à son écuyer :

« Rien n’empêche le Seigneur de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand ».

Jonathan et son écuyer montèrent à découvert vers un poste philistin et sortirent victorieux de cette attaque, ce qui provoqua la panique dans le camp adverse.

Dans le contexte des batailles philistines survint un épisode révélateur : Saül imposa un jeûne imprudent à ses soldats, affaiblissant son armée. Jonathan, qui n’était pas au courant, mangea un peu de miel alors qu’il était supposé jeûner. Ce manquement déclencha la colère de son père Saül, qui faillit condamner à mort son fils, révélant une rigidité excessive qui cachait une fragilité intérieure.

Les désobéissances de Saül vis-à-vis de l’Éternel

Lors d’une bataille contre les Philistins, alors que peuple  paniquait face aux attaques, Saül prit une initiative qui devait normalement revenir au prophète Samuel. Voyant l’armée se disperser, Saül eut peur et prit la place de Samuel pour offrir le sacrifice, au lieu d’attendre sept jours la venue de Samuel. Par cette action, il empiéta sur la fonction sacerdotale et ne respecta pas la parole transmise pas Dieu. Lorsque Samuel constata ce qu’il avait fait, il lui déclara que son royaume ne subsisterait pas.

Dieu ordonna à Saül, par l’intermédiaire de Samuel, de détruire totalement les Amalécites, des anciens ennemis d’Israël. Saül battit les Amalécites et captura leur roi, Agag, mais il épargna Agag et conserva le meilleur du bétail, alors que Yahvé avait demandé de faire tout disparaître. Lorsqu’il dit à Samuel qu’il avait l’intention d’offrir les animaux en sacrifice, Samuel lui répondit :

« L’obéissance vaut mieux que les sacrifices. »

Après avoir vaincu les Amalécites, Saül se rendit à Carmel, une ville située au sud de Juda, et érigea un monument : le texte hébreu parle d’un yad (littéralement : « une main »), qui peut désigner un monument commémoratif, un symbole de victoire. Saül se serait donc érigé un monument pour lui-même, le texte biblique ne précisant pas que le monument rendait gloire à Yahvé.

Si cette bataille fut un succès militaire, elle fut toutefois un échec spirituel pour Saül, qui avait ajusté la parole divine selon son propre jugement et n’avait pas obéi pleinement à Dieu. Cette désobéissance entraînera son rejet par Dieu.

Yahvé dit à Samuel : « Je regrette d’avoir établi Saül pour toi car il les détourne de moi et n’accomplit pas mes paroles. »

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